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NOTES DU LIVRE VIII.
fluide qui pousse celui d'alentour qui n'est pas raréfié; mais, comme
le fait observer de Bioul, l'attraction qu'il attribue à la raréfaction
de l'air n'existe pas. Si, dans quelque partie de l'atmosphère, la
chaleur du soleil occasionne l'expansibilité de l'air, et que dans une
autre partie il se trouve condensé, l'air qui se trouve entre eux,
poussé par celui quise raréfie, seportera vers celui qui se condense,
si bien que toute l'impulsion de l'air raréfié agit vers l'endroit où
la condensation se fait, parce que l'espace qu'occupait l'air avant
d'être condensé, devenant moins rempli par la condensation,
donne place à celui qui est poussé par l'air raréfié, ce qui paraît
une attraction , quoique en réalité cela détermine seulement le
lieu vers lequel l'impulsion se fait.
13.— Vaporem autem et nebulas et humores ex terra nasci.
Presque tous les corps liquides exposés à la chaleur de l'air se
décomposent ; alors les parties les plus volatiles se dégagent des
plus pesantes, et s'élèvent peu à peu dans l'atmosphère. L'évaporation -
de l'eau est la plus abondante de toutes. De ce fluide,
répandu sur toute la surface du globe , qui occupe la vaste étendue -
des mers, il s'élève sans cesse une quantité de vapeurs.
L'hydrogène, le plus léger de tous les fluides pondérables, qui
l'est treize fois plus que l'air que nous respirons, est une des
parties constituantes de l'eau. Dès que la chaleur agit sur celle-ci,
et en décompose une partie, l'hydrogène se dégage; plus léger
que l'air atmosphérique, il s'élève et emporte quelques parcelles
d'eau : cette évaporation continuelle et abondante forme les
nuages que nous voyons dans les airs. Il est tout simple qu'à
mesure que les climats se rapprochent du cours du soleil, l'action
de sa chaleur ait plus de force, soit plus continuelle; que conséquemment -
l'évaporation soit plus considérable ; que le sol de
ces climats en devienne plus sec. Vitruve apporte, pour preuve
de cette assertion, que les vents méridionaux sont très-humides,
et aménent beaucoup de pluie, parce que le soleil a pompé beaucoup -
de vapeurs dans cette partie; et pour la raison contraire
les vents du nord n'amènent que la sécheresse : ce qui est en
partie vrai, surtout pour la Grèce et l'Italie, parce que, pour
ces pays, les vents du midi viennent de la mer; mais il n'en est
pas moins vrai que les vents du nord sont aussi très-pluvieux
dans les pays qui ont la mer au septentrion, et qu'au contraire le
vent du midi y sera très-sec, s'il y vient du côté de la terre.
14. — Capita fluminum. L'argument que Vitruve tire de l'exposition -
de la source des grands fleuves au midi, pour prouver