VITRUVE. LIV. VIII.
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s'échapper, comme par le registre d'un fourneau. Lorsque -
ce travail sera une fois terminé, et que l'eau apparaîtra, -
on élèvera le mur du puits, de manière à ne point
boucher les sources.
Mais si le sol était trop dur, ou que les sources fussent -
trop avant dans la terre, on construirait alors à
chaux et à ciment des citernes dans lesquelles on recevrait -
l'eau qui tomberait des toits ou d'autres lieux éleves. -
Voici comment se fait ce genre de maçonnérie. On
prépare du sable pur et rude ; on casse des cailloux par
morceaux qui pèsent une livre au plus; on a de très-forte
chaux. Un bassin reçoit ce mélange, composé de cinq
partiés de sable contre deux de chaux, auquel on ajoute
les cailloux; on creuse ensuite une tranchée jusqu'à la
profondeur que l'on veut donner à la citerne, et on la
remplit de ce mortier, que l'on bat avec des leviers
ferrés.
Une fois les quatre murs terminés, on enlève la terre
du milieu jusqu'au bas des murs, et quand le fond a été
bien aplani, on le couvre d'une couche de ce même mortier, -
que l'on bat jusqu’à ce qu'elle ait acquis l'épaisseur
nécessaire. Si l'on fait deux ou trois citernes, de manière
qu'en passant de l'une dans l'autre, l'eau puisse se clarifier, -
elle est bien meilleure, bien plus douce à boire,
Le limon trouvant où se déposer, l'eau devient plus limpide -
et conserve son goût naturel, sans prendre une
odeur étrangère; sinon, on est obligé d'y ajouter du sel
pour la rendre plus légère.
Tout ce que j ai pu découvrir sur la qualité de l'eau,
sur ses variétés, sur l'usage qu'on en peut faire, sur les
moyens de la conduire et d'en connaître les propriétés,
je l'ai consigné dans ce livre ; la manière de faire les cadrans -
solaires et les horloges fera la matière du livre
sulyant.