VITRUVE. LIV. VIII.
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tits par un bout, afin qu'ils puissent facilement s'emboiter -
l'un dans l'autre. Quant aux joints, on les fixera
avec de la chaux vive délayée avec de l'huile. Les tuvaux
qui descendent sont réunis par un coude à ceux qui forment -
le ventre : ce coude sera fait avec un morceau de
pierre rouge, qu'on percera de manière que le dernier -
des tuyaux qui descendent puisse s'ajuster à la pierre
aussi bien que le premier de ceux qui forment le ventre.
Du côté opposé, il y aura un autre coude, également
en pierre rouge, où viendront s'ajuster le dernier des
tuyaux qui forment le ventre, et le premier de ceux qui
remontent.
Après avoir ainsi organisé les tuyaux, tant ceux qui
se trouvent horizontalement placés, que ceux qui montent -
ou qui descendent, il n'y aura point d'accident à
craindre. C'est que souvent il se forme dans les conduits
des eaux un air assez violent pour les faire éclater, si
l'on n'a point eu la précaution d'y introduire tout doucement -
l'eau par la première embouchure, et de les bien
assujettir aux coudes ou aux détours par des liens ou
par une charge de gravier. Pour tout le reste, ce sont
les mêmes précautions que pour les tuyaux de plomb.
Il est encore bon, avant que les tuyaux ne reçoivent
l'eau, d'y faire entrer de la cendre chaude, afin que si
quelque jointure n'avait point été assez calfeutrée, la
cendre pût y remédier.
Les tuyaux de terre cuite ont cet avantage, que s'il
arrive quelque accident, il est facile de le réparer, et
que l'eau y est bien meilleure que dans les tuyaux de
plomb. Ce qui la rend mauvaise dans ces derniers, c'est
qu'il s'y forme de la céruse, matière que l'on dit être
très-nuisible au corps de l'homme. Or, si le plomb produit -
des matières malsaines, nul doute qu'il ne soit luimême -
contraire à la santé.