VITRUVE. LIV. VIII.
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enfants qui en naîtraient, réunissent en eux la beauté
de la voix à celle du corps.
Si la nature a répandu dans ses diverses productions
une variété telle que le corps humain, dans la composition -
duquel entre une petite partie de terre, contient
plusieurs sortes de substances liquides, comme du sang.
du lait, de la sueur, de l'urine, des larmes; si donc avec
une si petite portion de terre, on voit réunies tant de
matières de qualités différentes, il ne faut pas s'étonner
qu'il se rencontre dans la masse du globe terrestre une
si prodigieuse variété de sucs à travers lesquels venant à
passer les eaux s'en trouvent imprégnées quand elles
arrivent à la source des fontaines, où elles présentent
toutes les différences, toutes les variétés qu'elles doivent -
à la nature si diverse de toutes les parties de la
terre.
De tous ces phénomènes, il en est quelques-uns que
j'ai vérifiés moi-même; j'ai lu le reste dans des auteurs
grecs, tels que Théophraste, Timée, Posidonius, Hégésias, -
Hérodote, Aristide, Métrodore, qui, grâce au soin
et au zêle qu'ils ont apportés dans leurs recherches, ont
prouvé que c'était à la différence des climats que chaque
pays, chaque fontaine devait ses propriétés, ses qualites, -
ses vertus. J'ai puisé dans les ouvrages de ces auteurs, -
et j'ai écrit dans ce livre ce qu'il m'a paru indispensable -
de faire connaître sur la diversité des eaux,
afin que mes observations donnent plus de facilité pour
choisir les fontaines dont l'usage sera le plus avantageux -
aux villes et aux municipes où on les conduira.
Est-il, en effet, rien sur la terre dont l'usage soit d'une
nécessité aussi absolue que celui de l'eau? Que les êtres
animes viennent à manquer ou de blé, ou de fruits, ou
de chair, ou de poisson, ou même de toutes ces choses
à la fois, ne restera-t-il pas quelque autre aliment dont
ils pourront se servir pour sustenter leur vie? Mais sans