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VITRUVE. LIV. VIII.
lieux : elles ont la vertu de dissoudre, quand on en boit,
les calculs qui se forment dans la vessie de l'homme.
Ce phénomène semble tout naturel. Des sucs âcres et
acides se trouvent dans la terre que parcourent les eaux
de ces fontaines. Elles se saturent de ces principes acides,
et après avoir été bues, elles dissolvent par le contact
les matières que l'eau dépose dans les corps et qui s'y
durcissent. Mais comment des acides peuvent-ils opérer
cette dissolution? Nous pouvons le comprendre de cette
manière : laissons tremper quelque temps un œuf dans
du vinaigre; bientôt sa coque s'amollira et se dissoudra.
Le plomb, qui est si malléable et si pesant, mis avec
du vinaigre dans un vase hermétiquement bouché, se
dissout et se change en céruse.
Le cuivre, qui est d'une nature encore plus dure,
soumis à la même opération, se dissout et se change en
vert-de-gris. Les perles et les silex sur lesquels le fer et
le feu n'ont point d'action, viennent-ils à être chauffés
et arrosés de vinaigre, ils se fendent et se dissolvent.
Ces expériences nous mettent facilement à même de
juger par analogie que les acides, par l'activité de leur
nature, peuvent produire le même effet pour la guérison -
des personnes malades de la pierre.
On rencontre encore des sources dans les eaux desquelles -
il semble qu'il y ait du vin de mêlé. La Paphlagonie -
en possède une de ce genre. Ceux qui en boivent
deviennent ivres sans y avoir mis de vin. Chez les Eques,
en Italie, et chez les Médulliens, dans les Alpes, il y a
une espèce d'eau qui fait enfler la gorge à ceux qui en
boivent.
En Arcadie se trouve une ville assez connue, appelée
Clitor. Sur son territoire se remarque une caverne d'ou
sort une source qui fait haïr le vin à ceux qui boivent