VITRUVE. LIV. VIII.
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tion, et, grâce à la vapeur, non-seulement elle remplit
le vase, mais encore elle soulève le couvercle et déborde -
abondamment; mais ôtez le couvercle, la vapeur
s'échappe dans l'air et l'eau retombe à son niveau. Il en
est de même des eaux d'une source : comprimées dans
un étroit espace, le bouillonnement produit par l'air
qu'elles contiennent, les fait monter avec effort; mais
elles n'ont pas plutôt trouvé un plus large passage, que
l'air se dégage à travers leurs pores, qu'elles s'affaissent
et reprennent leur équilibre naturel.
Toutes les eaux chaudes sont médicinales, parce que
çuites, pour ainsi dire, dans les matières qu'elles traversent, -
elles acquièrent une nouvelle propriété et un autre
usage. Les eaux sulfureuses sont bonnes pour les maladies -
de nerfs, qu'elles fortifient en les échauffant, et en
consumant les mauvaises humeurs du corps; les alumineuses -
guérissent les corps affaiblis par la paralysie ou
quelque autre maladie, en redonnant aux veines de
l'élasticité, et en neutralisant le froid par une chaleur
qui remet bientôt les membres dans leur ancien état de
santé; les bitumineuses se boivent, et chassent ordinairement, -
par la purgation, les maladies internes.
Il est une espèce d'eau froide qui est nitreuse : on la
trouve à Pinna, ville des Vestins, à Cutilies, et dans
d'autres localités semblables. On en boit pour se purger
et ces purgations diminuent aussi les tumeurs scrofuleuses. -
Dans les mines d'or, d'argent, de cuivre, de
plomb et d'autres métaux seinblables, on trouve des
sources abondantes ; mais elles sont très-mauvaises, et
leur propriété est contraire à celle de l'eau chaude
chargée de soufre, d'alun, de bitume; quand on les
boit, quand elles ont pénétré dans le corps, et que s in
sinuant par les veines, elles atteignent les nerfs et les
articulations, elles les enflent et les durcissent; les nerfs
ainsi gonflés par l'inflammation, se raccourcissent, pro¬Vitruve. -
II.