VITRUVE. LIV. VIII.
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une vapeur brûlante; de sorte que s'il se trouve au-dessus
quelques fontaines d'eau douce, rencontrées par cette
vapeur, elles s'échauffent dans leurs conduits, et coulent -
sans rien perdre de leur goût.
Il y a, d'un autre côté, des fontaines d'eau froide qui
ont une odeur et un goût qui ne sont point agréables.
Prenant naissance à de grandes profondeurs, elles traversent -
des lieux brûlants, et ont encore, en les quittant, -
de grands espaces à parcourir sous terre, d'où elles
ne sortent que refroidies, après avoir perdu leur goût,
leur odeur et leur couleur propres : c'est ce qu'on remarque -
sur le chemin de Tibur, à la fontaine Albula;
dans le territoire d'Ardée, à des fontaines froides qui
ont, comme elle, une odeur sulfureuse, et dans d'autres
lieux semblables. Or, bien que ces eaux soient froides,
elles paraissent néanmoins bouillonner, parce que,
quand elles viennent à rencontrer un lieu brûlant dans
les profondeurs de la terre, leur contact avec le feu les
irrite, les fait entrer dans une violente ébullition qui les
remplit d'une grande quantité de gaz, et gonflées par la
force de l'air qui s'y trouve resserré, elles s'élancent à
plusieurs reprises de leurs sources en bouillonnant. Les
eaux qui ne trouvent point d'issue, et que des rochers
où tout autre obstacle arrêtent, chassées par la violence
de cet air, s'élèvent dans d'étroits conduits jusqu'au
sommet de certaines montagnes.
Ceux qui s'imaginent qu'ils vont trouver des sources
d'eau vive à la même hauteur que ces montagnes, reviennent -
de leur erreur, quand ils y creusent de larges
puits. Voyez un vase d'airain qui n'a point été rempli
jusqu'au bord, et qui ne contient de l'eau que jusqu'aux
deux tiers de sa grandeur; fermez-le avec son couvercle, -
et approchez-le d'un feu ardent, bientôt l'eau sera
extrêmement chaude. Cette eau naturellement susceptible -
de raréfaction, reçoit de la chaleur une forte dilata¬