VITRUVE. LIV. VIII.
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Ceux qui viennent des régions les plus froides, comme
le septentrion et l'aquilon, donnent un air sec qui
épuise; tandis que l'auster et tous ceux qui soufflent de
la ligne que parcourt le soleil sur l'horizon, sont trèshumides -
et apportent toujours la pluie, parce que,
échauffés par la chaleur des pays qu'ils traversent, ils
enlèvent l'humidité des contrées qu'ils effleurent, et
vont la répandre vers les régions septentrionales.
Une preuve encore de cette vérité, c'est que les sources -
des fleuves qui sont indiqués et tracés sur les cartes
de géographie, se trouvent couler du septentrion plus
nombreux et plus larges. Tels sont, dans l'Inde, le Gange
et l'Indus qui descendent du mont Caucase ; dans l'Assyrie, -
le Tigre et l'Euphrate; dans l'Asie et le royaume
de Pont, le Borysthène, l'Hypanis, lé Tanaïs; en Colchide, -
le Phase; en Gaule, le Rhône; dans la Gaule
celtique, le Rhin; en deçà des Alpes, le Timave et le
Pô; en Italie, le Tibre; en Maurusie, que nous appelons
Mauritanie, le Dyris qui, descendant du versant septentrional -
de l'Atlas, se dirige par l'occident vers le lac
Heptabole, où, changeant de nom, il est appelé Nigir;
puis sortant du lac Heptabole pour aller passer sous des
montagnes désertes, il coule à travers les pays méridionaux, -
et se jette dans le marais Coloé qui entoure le
royaume de Méroé, dans l'Ethiopie méridionale. C'est
en sortant de ces marais, que faisant plusieurs détours
pour former les fleuves Astasobas et Astaboras, et plusieurs -
autres, il parvient, à travers les montagnes, à
la cataracte, et de là se précipitant vers le septentrion,
il arrive par Eléphantine, Syène et la Thébaïde en
Egypte, où il prend le nom de Nil.
Et l'on reconnaît surtout que c'est en Mauritanie que
le Nil prend sa source, en ce que du côté opposé du
mont Atlas, se trouvent les sources d'autres fleuves qui