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VITRUVE. LIV. VIII.
Les vides qui se trouvent au haut des montagnes servent -
surtout de réservoirs aux pluies, et, à cause de
l'épaisseur des forêts, les ombres des arbres et des montagnes -
y conservent longtemps les neiges; lorsqu'elles
viennent à fondre, elles filtrent à travers les terres, et
parviennent ainsi jusqu'au pied des montagnes d'où elles
s'échappent en fontaines bouillonnantes. Dans les plaines,
au contraire, les eaux ne peuvent être abondantes, et
quelles qu'elles soient, elles ne peuvent être bonnes,
parce que les rayons brûlants du soleil, ne rencontrant -
aucun ombrage qui les intercepte , enlévent
épuisent et absorbent toute l'humidité de cette surface
découverte; et si quelque source y apparaît, tout ce
qu'elle contient de plus léger, de plus subtil, de plus
salubre, est attiré par l'air qui le dissipe dans l'immensité, -
et il ne reste plus dans ces fontaines que les parties
les plus pésantes, les plus crues et les plus désagréables.
I. De l'eau de pluie.
L'eau de pluie a des propriétés que n'ont point les
autres. Extraite des eaux de toutes les fontaines, elle se
compose des parties les plus légères, les plus subtiles
les plus délicates; purifiée par l'agitation de l'air, elle ne
tombe à terre que liquéfiée par la violence du vent. Les
plaines sont beaucoup moins sujettes à la pluie que les
montagnes ou leurs environs, parce que les vapeurs
qu'aspire le soleil du matin, poussent, en s'élevant,
l'air dans la partie du ciel vers laquelle elles se déve
loppent, et que, lorsqu'elles sont mises en mouvement,
elles attirent encore celui qui se précipite en ondoyant
dans le vide qu'elles laissent après elles.
Or, l'air qui se précipite en poussant de tous côtés les
vapeurs qu'il rencontre, augmente le souffle et l'impé-