VITRUVE. LIV. VI.
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trouverons les nations faisant entendre naturellement des
sons de voix plus graves. Il semble que le monde ait étésuivant -
son inclinaison, formé dans une proportion harmonique -
parfaitement en rapport avec la température
que donne le soleil.
Les nations qui habitent le milieu entre l'équateur et
le pôle ont, en parlant, un son de voix semblable aux
tons qui occupent le milieu dans le diagramme. Celles
qui avancent vers le septentrion, parce que le pôle est
plus élevé pour elles, et que l'humidité remplit les
conduits de la voix, font entendre naturellement et nécessairement -
des sons plus graves, comme l'hypate et la
proslambanomenos. Voilà pourquoi aussi les peuples qui
sétendent de la région moyenne vers le midi ont, dans
la voix, le timbre grèle et aigu des paranetes et des
netes.
Cette vérité, que les lieux naturellement humides
grossissent la voix, et que ceux qui sont chauds la rendent -
plus aigué, peut se démontrer par cette expérience.
Si l'on prend deux godets de terre, cuits ensemble dans
le même fourneau, ayant même poids et même son,
que l’on plonge l’un des deux dans l’eau, et qu’après
len avoir retiré, on vienne à les frapper tous deux, on
trouvera une grande différence dans les sons qu'ils rendront, -
aussi bien que dans leur poids. Il en est de même
des corps des hommes : bien que formés de la même manière, -
et composés des mêmes éléments, les uns doivent
à la chaleur du climat les sons aigus que leur voix fait
entendre, les autres rendent des sons dont la qualité
grave est le résultat d’une humidité abondante.
C'est encore à la subtilité de l'air, à la chaleur du climat, -
que les peuples méridionaux sont redevables de cette
activité dans la conception de leurs projets. Les septentrionaux, -
au contraire, assoupis par la densité de l’air.
refroidis par l'humidité de l’atmosphère, ont de l'en¬