VITRUVE. LIV. VIII.
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I. De la manière de trouver l'eau.
Puisque les physiciens, les philosophes et les prêtres
ont pensé que rien ne subsiste que par la vertu de l'eau,
ai cru qu'après avoir expliqué dans les sept livres précédents -
tout ce qui a rapport aux édifices, je devais
dans celui-ci parler des moyens de trouver l'eau, des
qualités que lui donne la nature des lieux, de la manière
de la conduire et d'en connaître les propriétés. Est-il, en
effet, rien de plus nécessaire que l'eau, rien de plus
agréable, rien de plus journellement utile? Pas de difficulté, -
quand une fontaine fera jaillir ses eaux du sol;
mais quand il n'en sera point ainsi, quand il faudra aller
les chercher sous terre et en recueillir les sources, voici
comment on devra s'y prendre : on se couchera la face
contre terre, avant le lever du soleil, dans le lieu où il
yaura une recherche à faire, et, le menton appuyé sur
le sol, on dirigera ses regards vers l'horizon. Dans cette
position immobile du menton, la vue, loin de s'égarer
plus haut qu'il ne faut, s'étendra devant elle d'une manière -
invariable, au niveau de l'œil. Les endroits dans
lesquels on verra s'élever des vapeurs ondoyantes, devront -
être creusés : car les lieux secs ne peuvent présenter
cette particularité.
Celui qui cherche l'eau doit encore examiner la nature -
des terrains: car ils donnent les mêmes eaux d'une
manière constante. La craie ne fournit que le mince filet
d'une eau peu profonde et peu agréable au goût. Il en
est de même du sable mouvant; seulement, si on ne
trouve l'eau qu'à une grande profondeur, elle sera bourbeuse -
et détestable. Dans la terre noire, au contraire,
on trouve des eaux qui, sinfiltrant goutte à goutte pendant -
les hivers, vont se réunir et s'arrêter dans les endroits -
compactes et solides; celles-là sont excellentes.
Vitrave. II.