VITRUVE. LIV. VIII.
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tion et cette compression incessantes de la poitrine. Si
la chaleur ne se trouve point dans un corps au degré
qui lui convient, ce corps manquera d'un principe vital;
il ne prendra point de développement solide; les sucs
alimentaires ne pourront avoir la coction nécessaire. Et
si les parties du corps viennent à manquer de nourriture
terrestre, elles ne subsisteront pas, privées qu'elles seront -
du concours de l'un des principes de la vie.
De même, si les animaux sont dépourvus de l'humide
radical, ils périront, faute de ce principe. Aussi la Divinité, -
loin de vouloir que les choses absolument nécessaires -
aux hommes, soient aussi rares et aussi difficiles à
avoir que les perles, l'or, l'argent et les autres choses
dont notre corps et notre nature peuvent se passer, la
Divinité a prodigué aux mortels, elle a semé sous les
pas de chaque homme tout ce dont il a besoin pour sa
conservation. Que les esprits vitaux viennent à manquer
au corps, l'air destiné à les réparer ne fait point défaut.
Faut-il un auxiliaire à la chaleur naturelle, le soleil et
le feu lui viennent en aide pour entretenir la vie. Les
fruits de la terre, bien préférables à l'abondance superflue -
des mets, fournissent une nourriture assurée qui
suffit pour réparer les forces du corps; et l'eau ne sert
pas seulement de boisson, mais, nécessaire en mille circonstances, -
elle est d'autant plus agréable qu’elle ne
coûte rien.
Les prêtres égyptiens, pour faire voir que tout ne
subsiste que par la vertu de cet élément, couvrent un
vase à eau qu'on porte en grande cérémonie dans un
temple; puis, se prosternant contre terre, ils lèvent les
mains vers le ciel; ils rendent grâce à la bonté divine
du présent qu'elle leur a fait.