Volltext : Tome second (2)

Dio

NOTES  DU  LIVRE  VII.
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opinion  est  qu'il  était  fait  de  l'herbe  isatis,  parce  que  Pline  dit
que  le  vaccinium  croît  en  Gaule,  où  l'on  sait  que  l'isatis  est  la
meilleure.  La  troisième  est  que  c'est  le  fruit  du  ligustrum,  ou
troëne,  à  cause  de  ce  vers  de  Virgile  (Egl.  11,  v.  18)  :
Alba  ligustra  cadunt,  vaccinia  nigra  leguntur.
Mais  la  fleur  d'hyacinthe  n'est  point  propre  à  la  teinture,  et  le
fruit  du  troëne  ne  teint  point  en  bleu,  mais  en  rouge  obscur
l'hyacinthe  et  le  fruit  du  troëne  ne  seraient  donc  appelés  vaccinia
que  par  métaphore  ,  à  cause  de  leur  couleur  obscure,  et  de  la
ressemblance  qu'ils  ont  avec  le  vrai  vaccinium  qui  est  l'isatis,  ou
pastel  ;  de  même  que  ,  quand  on  parle  de  la  pourpre  des  violettes
ou  des  iris,  on  n'entend  point  la  véritable  pourpre  qui  est  le  sang
d'un  coquillage.
Pline  dit  (Hist.  Nat.,  liv.  xvI,  ch.  31)  que  dans  les  Gaules  le
vaccinium  sert  à  teindre  en  pourpre,  purpuræ  tingendæ  causa,
les  vêtements  des  esclaves.  Le  commentateur  de  Pline,  après  avoir
résuté  l'opinion  de  ceux  qui  veulent  que  le  vaccinium  des  Latins
soit  le  io  des  Grecs,  établit  que  ce  vaccinium  n'est  autre
chose  que  le  vaciet.  Quant  au  vers  de  Virgile,  dit-il,  n'est-il  pas
bien  plus  simple  de  penser  que  le  poëte  opposait  l'un  à  l'autre
deux  arbrisseaux  ,  et  que  sans  cela  l'antithèse  serait  inexacte  et
froide?  Les  deux  arbrisseaux  mis  en  regard  sont,  d'une  part,
ligustrum  album,  le  blanc  troëne,  et,  de  l'autre,  vaccinium  nigrum,
le  noir  vaciet.  Ce  nom  de  vaciet,  conservé  par  la  tradition,  ser
vait  de  guide  pour  retrouver  le  vaccinium  de  Virgile;  et,  en  effet,
la  plante  du  poëte  est  le  vaccinium  myrtillus  de  Linné,  dont  les
petits  fruits  noirs  en  corymbe,  susceptibles  de  donner  une  nour
riture  champêtre,  peuvent  être  mis  avantageusement  en  parallèle
avec  la  grappe  blanche  des  fleurs  du  troëne.  Le  vaccinium  des
Latins,  ajoute-t-il  plus  loin,  notre  myrtille,  est  un  petit  arbrisseau -
  anguleux  qui  ne  s’élève  guère.  Ses  fruits,  d’abord  rougeätres, -
  puis  noirs,  ont  une  acidité  très-agréable.  On  s'en  sert  encore -
  aujourd'hui  en  Suède,  où  ses  variétés  abondent,  pour  teindre
en  violet  les  toiles  et  les  papiers.  Vitruve  confirme  l'assertion  de
Pline  :  Vaccinium  temperantes,  et  lac  miscentes,  purpuram  faciunt
elegantem.  Ovide  (Tristes,  liv.  1,  élég.  1,  v.  5)  place  la  couleur
que  fournit  le  vaciet  parmi  les  couleurs  pourpres  :
Nec  te  purpureo  velent  vaceinia  fuco;
Non  est  conveniens  luctibus  ille  color.
131.—  Herba,  quœ  lutum  appellatur.  Cette  herbe,  qui  a  sin¬
            
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