Volltext : Tome second (2)

NOTES  DU  LIVRE  VII.
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que  sans  ombres  la  peinture  n'a  point  de  relief;  et  c'est  pour  cela
que  les  peintres,  après  avoir  représenté  plusieurs  sujets  dans  un
seul  et  même  tableau,  les  distinguent,  les  détachent,  afin  que  les
ombres  ne  tombent  pas  sur  les  corps.  »  C'est-à-dire  qu'ils  n'entendent -
  guère  le  clair-obscur,  ni  les  reflets,  ni  la  dégradation  des
teintes,  ni  toutes  les  finesses  de  la  perspective  qui  font  le  charme
de  la  peinture.  Aussi  leurs  compositions  n'étaient  pas  chargées,
et  tout  devait  y  être  distribué  sur  les  devants,  comme  dans  leurs
bas-reliefs.  Cela  devait  être  encore  plus  dans  l'encaustique  au
pinceau,  par  l'embarras  de  manier  les  cires.  De  là  vient  que  Pausias -
  ne  faisait  guère  que  de  petits  tableaux,  et  surtout  des  enfants.
Comme  ses  rivaux  expliquaient  le  choix  de  ses  sujets,  en  disant
que  cette  espèce  de  peinture  était  lente,  il  voulut  prouver  que
son  genre  admettait  aussi  un  faire  rapide,  et  il  acheva  en  un  jour
un  tableau  qui  représentait  encore  un  enfant.  Cette  production
fut  appelée    ,  peinture  d'un  jour.  Pline,  qui  rapporte  ces
faits  (Hist.  Nat.,  liv.  xxxv,  ch.  40),  ajoute,  peut-être  comme
quelque  chose  de  remarquable,  que  Pausias  fit  aussi  de  grands
tableaux  ;  c'est  une  observation  qu'il  fait  encore  sur  Nicias,  fecit
et  grandes  picturas.  Et  les  cires  qu'il  fallait  maintenir  à  un  certain -
  point  de  liquidité  pour  fondre  les  teintes,  devaient  rendre  en
effet,  dans  les  grandes  peintures,  la  difficulté  tout  autre.  Elle
était  moins  grande  sans  doute  pour  les  vaisseaux,  qui  ne  devaient
pas  exiger  des  peintures  bien  finies,  bien  qu'on  y  représentât
de  grandes  figures  :
..............  Et  picta  coloribus  ustis
Cœlestum  matrem  concava  puppis  habet.
(OVIDIUS,  Fast.  lib.  1v,  v.  275.)
Resumons.  Il  y  avait  des  cires  colorées,  cerœ  tinguntur  üsdem
his  coloribus  ;  elles  étaient  mêlées  d'un  peu  d'huile,  paulo  oleo
temperatum;  elles  étaient  conservées  dans  des  boîtes  à  compartiments, -
  pictores  loculatas  habent  arculas,  ubi  discolores  sunt  ceræe
(VARRON,  Econ.  rur.,  liv.  II1,  ch.  17);  ils  faisaient  fondre  les
cires,  et  les  employaient  au  pinceau,  resolutis  igni  ceris,  penicillo -
  utendi  ;  ils  fixaient  leur  tableau  par  l'ustion,  picturam  inurère, -
  avec  un  réchaud  plein  de  charbons  qu’ils  promenaient  à  la
surface,  carbonibus  in  ferreo  vase  compositis;  enfin,  ils  frottaient
et  polissaient  le  tout  avec  des  linges  blancs,  linteis  puris  subigat.
Ce  même  art,  appelé  communément  encaustique,  inustion,
Callixène  de  Rhodes,  dans  Athénée,  le  nomme  ia,  peinture -
  en  cire.
            
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