198
NOTES DU LIVRE VII.
ples étaient décriés parmi les Grecs à cause de leur stupidité; c'est
pourquoi il faut entendre que c'est par raillerie que Licinius dit
que les Alabandins passent pour grands politiques. Il est à remarquer, -
dit Perrault, que la réputation que les Alabandins avaient
de manquer d'esprit et de jugement ne se trouve fondée que sur
des choses appartenant à l'architecture, et que cependant le plus
célèbre des anciens architectes, Hermogène, était Alabandin. Les
Abdéritains passaient aussi pour peu éclairés, parce qu’ils avaient
accusé de folie un de leurs concitoyens, qu'ils voyaient s'occuper -
à disséquer toutes sortes d'animaux, et cet Abdéritain était
Démocrite.
77.— Minio parce videtur usus esse. Notre minium est une
préparation de plomb qui est d’un rouge très-vif, mais tirant toujours -
un peu sur le jaune. On l'appelle aussi vermillon. Ce que
Vitruve, Pline et les auteurs anciens appellent minium, est notre
cinabre naturel, c'est-à-dire un minéral rouge, très-pesant, plus
ou moins compacte; c'est une combinaison faite par la nature, du
mercure avec une portion de soufre. Il était fort cher ; aussi ne
l'employait-on dans la peinture qu’en très-petite quantité. Pline
Hist. Nat., liv. XXXIII, ch. 36) dit qu'aux grandes fêtes on en
colorait le visage de la statue de Jupiter, et que les triomphateurs
s'en frottaient tout le corps.
18.— Accedit huc chrysocolla. La chrysocolle des anciens était
une substance qu'on trouvait dans les mines d'or et de cuivre.
Poyez PLINE, Hist. Nat., liv. XXXIII, ch. 27 et 29.
19.— Armenium.— Voyes PLINE, Hist. Nat., liv. XXXV, ch. 28.
80.— Ut ab domino, non a redemptore, repræesententur. Parmi
les couleurs, dit Pline (Hist. Nat., liv. XXXV, ch. 12), les unes
sont dures, les autres sont fleuries. Parmi les unes et les autres, il
en est que fournit la nature, il en est qui se font artificiellement.
Les couleurs fleuries sont celles que fournit au peintre celui pour
qui il travaille, le minium, l'armenium, le cinabre, la chrysocolle, -
l'indicum, le purpurissum.
81.— Quibus autem locis hae copiae non sunt. Outre le plâtre,
le sable et la chaux, les anciens faisaient encore entrer la poudre
de marbre dans la composition des enduits, comme on le fait encore -
aujourd’hui en Italie, et c'’est de cette poudre uniquement
que Vitruve veut parler dans ce chapitre. L'espêce de marbre à
laquelle il donne la préférence pour faire les enduits, c'est le
marbre blanc, à gros grain, mêlé de particules brillantes comme
des grains de sel, et qu’on appelle pour cela en Italie marmo