NOTES DU LIVRE VII.
191
quelque inscription. Les lambris dont on couvre le bas des murs,
et qu'on fait ordinairement à hauteur d'appui, ne peuvent être
que la signification du mot podium, qui signifie balustrade,
appui ; et comme il s'agit ici des ornements dont les murailles
sont revêtues, le mot abacus doit signifier nécessairement les
panneaux qui sont sur les murs au-dessus des lambris.
64. — Cuneis silaceis. Les anciens n'employaient pas toute
espêce de sil pour peindre les panneaux; ils ne se servaient que de
sil marbré, parce que le marbre qu’il contient résiste à l'action
corrosive de la chaux. Voyez PLINE, Hist. Nat., liv. XXXIII,
ch. 56.
65.— Testaceum pavimentum. Ces deux mots doivent être pris
pour la matière avec laquelle on fait le pavé. C'est dans ce sens
que les a employés Columelle (Écon rur., liv. 1, ch. 6) et Palladius -
(Econ. rur., liv. 1, ch. 9 et 19).
66.— Deinde congestis et spisse calcatis carbonibus. On trouve
ce même passage dans Pline (Hist. Nat., liv. XXXVI, ch. 63), et
dans Palladius (Écon. rur., liv. 1, ch. o).
67.-Simul -
cadit siccessitque. L'effet produit par la structure
des planchers des Grecs, celui d'absorber les liquides qui étaient
répandus dessus, jette quelque lumière sur l'étymologie du nom
asarota qu’ils leur donnaient. Le mot asarota signifie non balayé;
c'est vraisemblablement de cette sorte de salle que Vitruve veut
parler ici. L'étymologie que les grammairiens en ont prise dans
Pline est bien bizarre, dit Perrault. Pline dit que le premier
plancher fait de cette sorte par Sosus, quigen fut l'inventeur,
était composé d'une infinité de pêtites pièces de différentes couleurs -
qui représensaient les débris qui peuvent demeurer sur un
plancher après un festin, et qui le faisaient paraître comme non
balayé. N'est-il pas plus croyable que ces planchers noirs qui, à
cause de leur sécheresse , absorbaient ce qui se répandait dessus,
devaient plutôt être appelés asarota, parce qu'il ne les fallait
point balayer ni essuyer avec des éponges comme les autres planchers, -
quand ils étaient mouillés?
La coutume de décorer les murailles avec des peintures, dit Le
Mazois, 2e part., p. 65, remontait à une haute antiquité. Les
Egyptiens, qui prétendaient avoir connu l'art de peindre 6000 ans
avant les Grecs (PLINE, Hist. Nât., liv. XXXV, ch. 5), préféraient
quelquefois, à ce qu'il paraît, l'éclat des couleurs au brillairt
des marbres précieux dont ils construisaient leurs monuments;