VITRUVE. LIV. VI.
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le soleil, que là elle s'en trouve à une grande distance,
qu'ailleurs elle tient le milieu entre ces deux extrémités.
L'aspect du ciel, par rapport à l'étendue de la terre,
fait naturellement sentir à notre globe une influence différente, -
selon l'inclinaison du zodiaque, et le cours du
soleil; il en résulte que l'emplacement des maisons doit
être approprié à la natuire des lieux et à la différence
des climats.
Dans les pays septentrionaux, les maisons doivent être
voûtées, parfaitement closes, avec de petites ouvertures,
et tournées vers les parties où règne la chaleur. Au contraire, -
dans les régions méridionales qui sont exposées à
l'action brûlante du soleil, elles doivent avoir de vastes
ouvertures, et être tournées vers le septentrion et l'aquilon. -
Ainsi ce que la nature présente d'incommode, pourra
être corrigé par l'art ; et dans tous les pays, il faudra
choisir une exposition accommodée à l'exposition du ciel.
eu égard à l'élévation du pôle.
Il y a là des remarques, des observations, une étude
à faire sur la nature des choses, et sur l'organisation des
hommes. En effet, aux lieux où le soleil verse une chaleur -
modérée, les corps conservent dans une juste proportion -
les éléments qui les composent; mais ceux que,
dans sa course plus rapprôchée, il brûle, il consume
perdent leur humidité, ce qui en rompt l'équilibre. Dans
les régions froides, au contraire, le grand éloignement
du soleil empêche que l'humidité ne soit épuisée par la
chaleur; bien plus, l'air chargé de rosée, remplissant les
corps d'humidité, leur donne plus d'ampleur, et rend le
son de la voix plus grave. Voilà aussi pourquoi les régions -
septentrionales voient naître des peuples à la taille
colossale, au teint blanc, à la chevelure plate et rousse.
à l'œil pers, au tempérament sanguin, soumis qu'ils sont
à l'influence d'un ciel froid et humidé.
Quant à ceux, qui sont voisins de la ligne équinoxiale.