Full text : Tome second (2)

NOTES  DU  LIVRE  VII.
176
couche  de  paille  où  de  fougère  empêche  l'humidité  de  la  chaux
de  pénétrer  jusqu'au  corps  du  plancher.  Pline  (Hist.  Nat.,
liv.  xxXVI,  ch.  62)  fait  la  même  recommandation  pour  tous  les
bois  qui  travaillent.
22.—  Rudus,  si  novum  erit,  ad  tres  partes  una  caleis  misceatur. -
  Quand  on  prenait  pour  la  rudération,  des  pierres  ou  des
cailloux  nouvellement  tirés  de  la  carrière,  ou  des  éclats  de  pierre
de  taille,  cela  se  nommait  rudus  novum;  et  lorsqu'on  la  composait -
  de  fragments  de  pierres  tirées  d'un  vieux  mur,  on  l'appelait
redivivum  Ces  vieilles  pierres  tirées  depuis  longtemps,  étant  beaucoup -
  plus  sèches,  ou  plutôt  plus  poreuses,  exigeaient  une  plus
grande  quantité  de  chaux.  Aussi  Vitruve  veut-il  qu'on  mêle  avec
ces  cailloux  deux  parties  de  chaux  sur  cinq  de  pierres;  tandis
qu'avec  de  nouvelles  pierres;  il  n'exige  qu'une  partie  de  chaux
sur  trois  de  pierres.  Voyez  PALLADIUS,  Écon.  rur.,  liv.  1,  ch.  9.
Perrault;  dit  de  Bioul,  s'est  trompé  et  a  confondu  le  Statumen
avec  le  rudus,  ce  qui  lui  a  fait  mettre  de  la  chaux  dans  le  statumen. -
  Son  erreur  vient  de  ce  que  Vitruve,  immédiatement  après
avoir  rapporté-(p.r22)  comment  on  composait  la  rudération
dit  :  Statuminatione  facta,  rudus  inducatur  ;  ce  que  Perrault
traduit  ainsi  :  «  Cette  couche  étant  faite,  on  mettra  la  matière
de'  la  rudération.»  Tellement  qu'il  a  cru  que  cette  composi
tion,  dans  laquelle  il  entrait  de  la  chaux,  n'était  pas  celle  de  la
rudération,  mais  celle  du  statumen  Il  est  pourtant  facile  de  voir
que  la  matière  dont  l'auteur  rapporte  la  composition,  ne  peut
être  autre  que  celle  de  la  rudératior;  mais  comme  la  rudération
s'étend  toujours  sur  une  couche  de  cailloux  (statumen),  il  sup
pose  que  cette  couche  de  cailloux  a  été  faite  d'avance;  voilà
pourquoi,  après  avoir  indiqué  la  composition  de  la  rudération,
il  dit  :  Statuminatione  facta,  rudus  inducatur.
23.  —  Decuriis  Anductis.  L'essentiel  pour  la  rudération  est
d'être  bien  battue.  Vitruve  recommande  de  la  faire  battre  par  un
nombre  d'hommes  suffisant,  et  il  emploie  pour  cela  l'expression
decuriis  inductis.  Il  dit  encore  au  ch.  3  de  ce  livre  :  decuria  hominum -
  inducta,  expression  générale  qui  signisie  une  quantité
d'hommes  indéterminée,  proportionnée  à  l'ouvrage  et  à  l'espace
où  on  veut  les  employer.  Barbaro  et  Perrault  ont  entendu  par  là
des  hommes  disposés  dix  par  dix;  ils  se  sont  trompés,  je  crois
24.—  Ad  regulam  et  libellam  exacta  paoimenta  struantur  sive
sectilibus  seu  tesseris.  Philander  pense  qu'au  lieu  de  tesseris,  on
devrait  mettre  tessellata.  Suétone,  parlant  de  l'un  et  de  l'autre
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.

powered by Goobi viewer