Full text : Tome second (2)

NOTES  DU  LIVRE  VII.
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aussi  connaître  cet  art  qui,  chez  eux,  y  était  entièrement  consacré. -
  Nous  voyons,  en  effet,  que  peu  après  le  temps  de  Cécrops,
Deucalion  fit  bâtir  un  temple  en  l'honneur  de  Jupiter  Phixius,
c'est  à-dire  de  Jupiter  par  le  moyen  de  qui  il  avait  été  sauvé  des
eaux  du  déluge.  Ce  temple  subsista  environ  neuf  cent  cinquante
ans,  jusqu’à  la  cinquantième  olympiade.  Lorsqu’il  fut  tombé  en
ruines,  Pisistrate  entreprit  d'en  bâtir  un  autre,  sous  le  nom  de
Jupiter  Olympien,  qui  est  celui  dont  parle  Vitruve  dans  l'introduction -
  de  ce  livre.  L'histoire  parle  ensuite  de  deux  célèbres  architectes, -
  Trophonius  et  Agamède,  qui  étaient  l'un  et  l'autre  fils
d'Erginus,  postérieur  à  Hercule  et  à  Thésée  d'une  génération.
Ils  avaient  bâti  le  temple  de  Neptune  Hippius,  éloigné  d'un  stade
de  Mantinée.  Pausanias  nous  apprend  (liv.  VIII,  ch.  10)  que
l'empereur  Adrien  fit  enfermer  cet  ancien  temple  dans  un  nouvéau -
  qu'il  fit  bâtir.
Les  Grecs,  dit  de  Bioul,  ne  sont  donc  pas  les  inventeurs  de  l'architecture; -
  ils  la  doivent  aux  Egyptiens,  auxquels  ils  doivent
également  les  autres  arts.  Nous  savons  par  les  témoignages  de  l'antiquité, -
  et  Hérodote  surtout  nous  l'assure  (liv.  I1,  ch.  4),  que  la
plupart  des  noms  des  dieux  ont  été  portés  d'Egypte  en  Grèce  avec
leur  culte.  Aussi  Homère,  avant  de  composer  ses  poêmes,  parcourut-il -
  l'Égypte  pour  s'instruire  plus  particulièrement  de  la  théologie -
  mythologique,  et  apprendre  des  prêtres  égyptiens  quantité
de  choses  inconnues  en  Grèce,  sur  la  généalogie,  les  dignités  et
les  emplois  de  leurs  dieux  ;  ce  qui  fait  dire  au  savant  Huet,  évêque -
  d’Avranches,  qu’'Homère,  qui  avait  visité  les  Egyptiens,  rapporta -
  de  chez  eux  cet  esprit  fabuleux  qui  lui  fit  inventer  nonseulement -
  les  admirables  poêmes  qu'ils  nous  a  laissés,  mais
encore  mille  nouveautés  dans  la  généalogie,  les  dignités  et  les
emplois  des  divinités  grecques;  et  ce  fut  là  qu’il  se  perfectionna
dans  la  poésie,  qui  y  a  toujours  été  soigneusement  cultivée.  Quelques -
  écrivains  nient  que  l’Egypte  ait  influé  sur  les  arts  de  la
Grèce  ;  j'invite  à  lire  les  p.  217  et  suiv.  du  t.  1er  de  l'Histoire  de
l'architecture  de  M.  Daniel  Ramée.
2.—  Quœ  res  in  Troja  fuissent  gestæ.  Ce  n'est  pas  seulement
à  cause  de  son  ancienneté  que  Vitruve  cite  Homère  le  premier,
c'est  encore  parce  que  les  anciens  regardaient  les  événements  qui
se  sont  passés  à  Troie,  non  comme  une  simple  histoire,  mais
comme  le  fond  de  leur  théologie.  C'est  pourquoi  les  livres  d'Homère -
  où  ces  événements  sont  rapportés,  étaient  en  grande  veheration; -
  on  estimait  son  histoire,  on  admirait  sa  poésie,  et  ses
livres  étaient  réputés  sacrés.  Aussi  Vitruve  les  nomme  avant  de
            
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