VITRUVE. LIV, VI.
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confier des sommes importantes. Aussi quand je vois des
gens sans instruction, sans expérience, exercer une
science aussi noble, des gens complétement étrangers
je ne dirai pas aux connaissances nécessaires à l'architecte, -
mais même à celles qu'on exige du maçon, je ne
puis qu'approuver ces pères de famille qui, forts d'ailleurs -
de leurs connaissances littéraires, pensent que, si
tant est qu'ils doivent confier leurs travaux à des manœuvres, -
il vaut mieux qu'ils en prennent eux-mêmes
la direction, libres d'employer, comme ils l'entendent
les sommes qu'ils,aventureraient.
Si l'on ne voit personne essayer de se mêler chez soi
de la besogné facile du cordonnier, du foulon, ou de
tout autre artisan de même sorte, il n'en est pas de
même de l'architecte ; pourquoi ? parce que cén'est véritablement -
pas à leur talent que ceux qui font profession -
d'être architéctes, doivent le nom qu'ils usurpent.
Voilà les raisons qui m’ont porté à renfermer avec le
plus grand soin, en un seul corps, tout ce qui a rapport
à l'architecture, dans la pensée que cet ouvrage pourrait
être accueilli avec plaisir; et comme, dans le cinquième
livre, j'ai traité des règles particulières aux édifices
publics, je vais dans celui-ci donner le plan et les proportions -
des maisons particulières.
1. De la disposition des maisons appropriées aux localités.
La disposition d'une maison aura été avantageusementchoisie, -
si, pour la bâtir, on a eu égard au payset
au climat. Qui ne voit, en effet, qu'une maison doit être
différemment construite en Egypte qu'en Espagne, autrement -
dans le royaume de Pont qu'à Rome; que tel
pays, tel climat exige une ordonnance particulière, parce
qu'ici la terre est rapprochée de la ligne que parcourt