VITRUVE. LIV. VII.
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La couleur parétonienne tire son nom du lieu même
où on la trouve. La méline tire de même le sien de l'ile
de Mélos, une des Cyclades, où ce minéral abonde.
La terre verte se rencontre aussi dans plusieurs localités; -
mais la meilleure vient de Smyrne; les Grecs
l'appellent Jeoso, parce qu'un nommé Théodote
possédait le fonds où elle fut trouvée pour la première
fois.
L'orpiment, qui en grec est appelé ao, se tire
du royaume de Pont. Le minium se trouve également
en plusieurs lieux; mais le meilleur s'exploite aussi dans
le Pont, auprès du fleuve Hypanis. Il y a d'autres endroits, -
comme les consins de Magnésie et d'Ephèse,
d'où on le tire tout préparé, sans qu'il soit besoin ni
de le broyer ni de le sasser; et il est aussi fin que si
quelque main d’homme l'eût pilé et tamisé.
VIII. Du cinabre et du vif-argent.
Je vais maintenant parler de la préparation du cinabre.
On le trouva, dit-on, pour la première fois, sur le territoire -
de Cilbianis, près d'Ephèse. La manière de l'extraire
et de le préparer est assez curieuse. On le tire de terre par
mottes, qu'on appelle anthrax, avant que la manipulation -
l'ait fait passer à l'état de cinabre. La veine de cette
matière, enveloppée d'une poussière rouge, a une couleur -
de fer un peu roussâtre. Quand on l'extrait, les
coups de pic en font sortir de nombreuses gouttes de
vif-argent que les ouvriers s'empressent de recueillir.
Lorsque ces mottes ont été réunies dans l'atelier, on
les jette dans un four pour leur faire perdre l'humidité
dônt elles sont pleines, et la chaleur du feu en fait
sortir une vapeur qui, en retombant sur l'aire du four,
se trouve être du vif-argent. On retire les mottes, et