VITRUVE. LIV. VII.
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sont introduites dans la peinture! Pourquoi cet abus
a-t-il triomphé de la vérité? C'est ce qu'il ne sera pas
hors de propos de dire ici. Autrefois c'était du talent et
de la perfection du travail que les peintres faisaient
dépendre le succès de leurs efforts; ceux d'aujourd'hut
n'attachent de prix qu'à l'éclat des couleurs et à l'effet
qu’elles produisent : jadis c'était le talent de l'artiste
qui seul donnait du prix à son travail; maintenant les
dépenses de celui qui fait travailler en tiennent lieu.
Les anciens n'employaient le minium, comme couleur, -
qu'en très-petite quantité; à présent on en voit
prèsque partout peintes des murailles tout entières
aussi bien que de chrysocolle, d'ostrum, d'armenium.
Ces couleurs, bien qu'appliquées sans art, ne laissent
pas d'éblouir par leur éclat; et c'est à cause de leur
cherté que la loi a voulu qu’elles fussent fournies par
celui qui fait travailler, et non par celui qui travaille,
J'ai cherché, par les avis que je viens de donner, à
prévenir, autant qu'il m'a été possible, l'abus qui s'est
introduit dans les peintures à fresque; il me reste maintenant -
à traiter de la manière de préparer les matériaux.
et, puisque j'ai commencé par parler de la chaux, ie
vais m'occuper du marbre.
VI. De la manière de préparer le marbre pour en faire du stuc.
Le marbre ne se rencontre pas partout dans les mêmes
conditions : dans certaines localités, on le trouve par
morceaux avec de petits grains luisant comme du sel.
Pilé et broyé, il est avantageux pour faire les enduits et
les corniches. Dans les lieux où ne se trouve pas cette
espèce, on ramasse les éclats appelés ossulæ, que les
marbriers font tomber du marbre qu'ils travaillent; on
les écrase avec des pilons de fer, et on les sasse pour en