VITRUVE. LIV. VI.
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bien qu'au plaisir que je puise dans la lecture des bous
ouvrages, que je dois l'avantage d'avoir enrichi nion âme
d'un bien dont la possession m'a fait comprendre que le
trop n'est pas nécessaire, et que la véritable richesse est
celle qui ne laisse rien à désirer. Jesais qu'il y a des personnes -
qui, faisant bon marché de cette philosophie, ne voient
de sagesse que là où il y a beaucoup d'argent: Aussi la plupart -
des hommes ne tendant qu'à ce but, arrivent, à force
d'audace, à acquérir réputation et richesse tout à la fois.
Pour moi, ô César, ce n'est point en vue d'amasser des
richesses que je me suis livré à l'étude de l'architecture
pauvrete et bonne réputation valent mieux, à mon avis
que richesse et mauvais renom. Aussi je suis peu connu;
mais j'éspère que la publication de mon ouvrage appren
dra mon nom, même à la postérité. Et faut-il s'étonner
que je sois resté inconnu au plus grand nombre! Les autres -
architectes n'épargnent ni prières ni instantes pour
se produire. Pour moi, j'ai appris de mes maîtres qu'un
architecte doit attendre qu'on vienne le prier de se charger -
d'un travail, et qu'il ne peut, sans rougir, faire-une
demande qui l'expose à d'injurieux soupçons: cai ce n'est
pas de la bouche de celui qui rend un service, mais bien
de celle de la personne qui le réçoit, que doit venir la
prière. Quelle ne devrait pas être la défiance de celui à
qui l'on demanderait une partie de son bien pour que
lemploi en fût confié au bon plaisir d'un demandeur
Ne penserait-il pas qu'on veut s'enrichir à son préjudice :
Voila pourquoi nos ancêtres n'employaient un architecte -
qu'après s'être assurés de l'honnêteté de sa naissance, -
de la bonté de son éducation. C'était à l'homme
simple et modeste, et non à celui qui n'a en partage
que présomption et effronterie, que s'adressait leur conhance: -
Les architectes n'instruisaient alors que leurs
enfants- et leurs pareuts, et ils en faisaient des hommes
de bien, à la fidélité desquels on pût sans inquiétude