Volltext : Tome second (2)

VITRUVE.  LIV.  VI.
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bien  qu'au  plaisir  que  je  puise  dans  la  lecture  des  bous
ouvrages,  que  je  dois  l'avantage  d'avoir  enrichi  nion  âme
d'un  bien  dont  la  possession  m'a  fait  comprendre  que  le
trop  n'est  pas  nécessaire,  et  que  la  véritable  richesse  est
celle  qui  ne  laisse  rien  à  désirer.  Jesais  qu'il  y  a  des  personnes -
  qui,  faisant  bon  marché  de  cette  philosophie,  ne  voient
de  sagesse  que  là  où  il  y  a  beaucoup  d'argent:  Aussi  la  plupart -
  des  hommes  ne  tendant  qu'à  ce  but,  arrivent,  à  force
d'audace,  à  acquérir  réputation  et  richesse  tout  à  la  fois.
Pour  moi,  ô  César,  ce  n'est  point  en  vue  d'amasser  des
richesses  que  je  me  suis  livré  à  l'étude  de  l'architecture
pauvrete  et  bonne  réputation  valent  mieux,  à  mon  avis
que  richesse  et  mauvais  renom.  Aussi  je  suis  peu  connu;
mais  j'éspère  que  la  publication  de  mon  ouvrage  appren
dra  mon  nom,  même  à  la  postérité.  Et  faut-il  s'étonner
que  je  sois  resté  inconnu  au  plus  grand  nombre!  Les  autres -
  architectes  n'épargnent  ni  prières  ni  instantes  pour
se  produire.  Pour  moi,  j'ai  appris  de  mes  maîtres  qu'un
architecte  doit  attendre  qu'on  vienne  le  prier  de  se  charger -
  d'un  travail,  et  qu'il  ne  peut,  sans  rougir,  faire-une
demande  qui  l'expose  à  d'injurieux  soupçons:  cai  ce  n'est
pas  de  la  bouche  de  celui  qui  rend  un  service,  mais  bien
de  celle  de  la  personne  qui  le  réçoit,  que  doit  venir  la
prière.  Quelle  ne  devrait  pas  être  la  défiance  de  celui  à
qui  l'on  demanderait  une  partie  de  son  bien  pour  que
lemploi  en  fût  confié  au  bon  plaisir  d'un  demandeur
Ne  penserait-il  pas  qu'on  veut  s'enrichir  à  son  préjudice  :
Voila  pourquoi  nos  ancêtres  n'employaient  un  architecte -
  qu'après  s'être  assurés  de  l'honnêteté  de  sa  naissance, -
  de  la  bonté  de  son  éducation.  C'était  à  l'homme
simple  et  modeste,  et  non  à  celui  qui  n'a  en  partage
que  présomption  et  effronterie,  que  s'adressait  leur  conhance: -
  Les  architectes  n'instruisaient  alors  que  leurs
enfants-  et  leurs  pareuts,  et  ils  en  faisaient  des  hommes
de  bien,  à  la  fidélité  desquels  on  pût  sans  inquiétude
            
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