VITRUVE. LIV. VII.
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espace qui les sépare. Qu'un plancher vienne à sécher ou
à s'affaisser sous son propre poids, ce mur, par la résistance -
qu'offrira la solidité de sa construction, occasionnera -
nécessairement des fentés dans l'aire.
Il faudra encore faire en sorte que des planches d'esculus -
ne soient point mêlées à des planches de chêne
parce que le chêne n'a pas plutôt pris l'humidité qu'il
se déjette et fait fendre les aires. Si toutefois on manque
d'esculus, et que, faute de ce bois, on soit obligé de se
servir de chêne, il faudra alors employer des planches
plus minces; moins elles seront épaisses, plus il sera facile -
de les fixer, de les arrêter avec des clous. Ensuite
on attachera sur chaque solive les deux bords de chaque
planche avec un clou de chaque côté, afin que, dans
toute leur longueur, ils ne puissent se relever en se tourmentant. -
Quant au cerrus, au hêtre, au farnus, ce sont
des bois qui n'ont pas de durée. Une fois les planches
assemblées, on les couvrira de fougère, si l’on en a, sinon
de paille, afin que le bois ne puisse se gâter par la chaux.
On posera alors un premier lit fait avec des cailloux
qui seront au moins gros à remplir la paume de la main.
Ce lit une fois achevé, on s'occupera de la rudération,
qui sera composée d'une partie de chaux et de trois de
cailloux, si ce sont des recoupes de pierres de taille, et
de deux parties de chaux et de cinq de cailloux, s'ils
proviennent de démolitions. On étendra ensuite cette
matière, et un nombre suffisant d'hommes armés de leviers -
de bois sera chargé de la battre longtemps, et de
la rendre parfaitement compacte ; cette couche terminée
n'aura pas moins de neuf pouces d'épaisseur. Là dessus
on fera le noyau composé de tuileaux avec lesquels on
mélera une partie de chaux contre trois de ciment; son
épaisseur sera au moins de six doigts. Sur ce noyau parfaitement -
dressé avec la règle et le niveau, on appliquéra le
pavé, qu'il doive être fait en mosaïque ou avec descarreaux.