VITRUVE. LIV. VII.
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raient les écrits, et qui n'était point là pour se défendre,
dédaigna de lui répondre. Zoile, après être resté long
temps dans le royaume de Ptolémée, se sentant pressé
par le besoin, fit supplier le roi de lui accorder quelque
secours.
Le roi lui fit répondre, dit-on, qu'Hlomère, mort de
puis mille ans, avait bien pu, pendant tout ce temps,
faire vivre des milliers d'hommes; que Zoile devait bien
pouvoir, lui qui affichait un génie supérieur, entretenit
et lui-même et plusieurs autres encore. Bref, sa mort fut
celle du parricide, bien que les circonstances en soient
rapportées diversement : car les uns disent que Ptolémée
le fit mettre en croix; quelques autres, qu'il fut lapidé
à Chio; d'autres qu'il fut brûlé vif à Smyrne. Mais quel
qu'ait été le genre de son châtiment, il est certain
qu’'il le mérita : c'est ainsi que doit être traité celui qui
s'avise d'attaquer un écrivain qui ne peut être appelé à
se présenter pour défendre les pensées qu'il a répandues
dans ses écrits.
Pour moi, ô César, je n'ai point fait disparaître les
noms des auteurs où j'ai puisé, pour les remplacer par
le mien. Dans l’ouvrage que je publie, il ne m est point
venu à l'esprit de déprécier les inventions d'autrui pour
faire valoir les miennes; je rends, au contraire, mille
actions de grâces à tous les auteurs, de ce que, avant de
tout temps recueilli les pensées ingénieuses des hommes
de talent, ils nous ont préparé, chacun dans son genre,
une ample moisson; c'est là que, puisant comme à une
source féconde des idées que nous approprions à notre
travail, nous nous sentons pleins d'abondance et de facilité -
pour écrire; c'est éclairé de leurs lumières que
nous avons osé entreprendre un nouveau traité.
Riche de matériaux que je trouvais tout préparés pour
l'exécution de mon projet, je me les suis appropriés, et
j'ai mis la main à l'œuvre. Et d'abord c'est Agatharque