Volltext : Tome second (2)

VITRUVE.  LIV.  VII.
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réservés  pour  les  juges,  et  Aristophane,  appelé  avec  les
autres,  occupa  la  place  qui  lui  avait  été  assignée.
La  lice  fut  d'abord  ouverte  aux  poëtes  qui  se  miren
à  lire  leurs  pièces.  Le  peuple,  par  ses  applaudissements
fit  comprendre  aux  juges  ceux  auxquels  il  donnait  la
préférence,  et,  lorsqu'on  leur  demanda  leur  avis,  six
se  trouvèrent  d'accord,  et  attribuèrent  le  premier  prix  à
celui  qu'ils  remarquèrent  avoir  fait  le  plus  de  plaisir  au
peuple,  et  le  second  à  celui  qui  suivait.  Mais  Aristophane, -
  lorsqu'on  vint  à  lui  demander  son  opinion,  fut
d'avis  qu'on  donnât  le  premier  prix  à  celui  qui  avait  le
moins  plu  au  peuple.
A  la  vue  de  la  vive  indignation  que  témoignait  le  roi
avec  le  peuple,  Aristophane  se  lève,  et  demande  qu'on
veuille  bien  l'écouter.  On  fait  silence,  et  il  déclare  qu'il
ne  voit  qu'un  seul  poête  parmi  les  candidats;  que  les
autres  n'ont  fait  que  réciter  des  vers  qui  ne  leur  appartenaient -
  pas;  que  le  devoir  du  juge  était  de  faire  récompenser -
  les  véritables  auteurs,  et  non  les  plagiaires.
Pendant  que  le  peuple  admirait  cette  réponse,  et  que
le  roi  balançait  encore  sur  le  parti  qu'il  avait  à  prendre
Aristophane,  comptant  sur  sa  mémoire,  fit  apporter  de
certaines  armoires  un  grand  nombre  de  volumes,  et  par
les  rapprochements  qu'il  en  fit  avec  les  morceaux  qui
avaient  été  lus,  il  força  les  plagiaires  à  confesser  leur
larcin.  Le  roi  fit  intenter  contre  eux  une  action,  et  les
renvoya  chargés  d'une  condamnation  ignominieuse.  Pour
Aristophane,  il  reçut  les  présents  les  plus  magnifiques,
et  fut  mis  à  la  tête  de  la  bibliothèque.
Quelques  années  après,  le  Macédonien  Zoile,  qui  se
faisait  appeler  le  Fléau  d'Homère,  vint  à  Alexandrie,  et
lut  au  roi  les  écrits  qu'il  avait  composés  contre  l'Iliade
et  l'Odyssée.  Ptolémée,  indigné  qu'on  maltraitât  de  la
sorte  le  prince  des  poëtes,  le  père  des  lettres,  et  qu'on
fit  si  peu  de  cas  de  celui  dont  toutes  les  nations  admi¬
            
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