NOTES DU LIVRE I.
font clairement entendre qu'il n'est ici question que de la pratique, -
qui est l'opération manuelle dans l'exercice de l'art de bâtir.
7.— Et ratiocinatione. C'est la théorie, c'est-à-dire la spéculation -
d'un objet sans aucune application à la pratique. Avec la
simple théorie on peut être savant dans un art; mais pour y être
maître, il faut y joindre la pratique.
8.— Peritus graphidis. Le dessin peut être regardé comme le
talent le plus essentiel à l'architecte. Ce n'est que par lui qu'il
peut se rendre compte des formes qu'il convient de donner à
chaque partie d'un bâtiment, selon les principes de la convenance. -
Sans dessin, il lui sera impossible de faire concevoir ses
idées. Il faut qu'il sache mettre au net les plans, profils et élévations -
des bâtiments sur des mesures prises ou données. S'il n'a pas
l'habitude du dessin, dans quelles erreurs ne tombera-t-il pas
relativement à la perspective, qui représente les objets autrement
qu'ils ne sont !
9.-Eruditus -
geometria. L'architecte doit, en effet, connaître
à fond la géométrie : c'est sur elle que repose entièrement la stéréotomie. -
Et à cette science il ne faut pas attacher l'idée que présente -
d'abord à l'esprit le nom de coupe des pierres ; il ne s agit
point ici de l'ouvrage de l'artisan qui travaille la pierre ; mais de
la science du mathématicien qui le guide dans la confection des
voûtes ou de quelque autre grand corps de maçonnerie par
l'assemblage de plusieurs petites parties qui concourent, chacune
en particulier, à former un tout régulier et solide.
10.— Optices non ignarus. L'optique est proprement la science
de la vision des objets par des rayons qui viennent directement et
immédiatement de ces objets à nos yeux, sans être ni rompus ni
réfléchis par quelque corps; mais Vitruve semble ici borner la
science de l'architecture à la connaissance des lois selon lesquelles
la lumière se répand dans les appartements, sous les portiques,
dans les cours, et à l'entendement des effets qu'elle doit produire,
eu égard à l'étendue et à la configuration du lieu , à la situation
des portes et des fenêtres, à la région du ciel vers laquelle elles
sont tournées, à la grandeur de leur ouverture.
Les anciens, du reste, comme on peut le voir par ce qu'en dit
Aulu-Gelle (liv. v, ch. 16), avaient porté assez loin la science de
l'optique.
11.— Instructus arithmetica. Diverses parties des mathématiques -
sont sans doute nécessaires à l'architecte. Sans la facilité de