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VITRUVE. LIV. I.
sentée l’image des huit vents, tournés chacun vers la
partie du ciel d'où ils soufflent. Sur cette tour il éleva
une pyramide en marbre, qu'il surmonta d'un triton
d’airain, tenant une baguette à la main droite. Il était
disposé de manière à se prêter à tous les caprices des
vents, à présenter toujours la face à celui qui soufflait.
et à en indiquer l’image avec sa baguette qu’il ténait
au-dessus.
Les quatre autres vents sont l’eurus, qui est place
entre le solanus et l’auster, au levant d’hiver ; l'africus,
entre l’auster et le favonius, au couchant d’hiver; le
caurus, que plusieurs appellent corus, entre le favonius -
et le septentrion, et l’aquilon, entre le septentrion -
et le solanus. Tel est le moyen qui a été imaginé
pour représenter le nombre et les noins des vents, et
pour désigner exactement la partie du ciel d'où ils soufflent. -
Cela une fois connu, voici, pour trouver les points
d'où partent les vents, le procédé qu’il faut employer.
On posera au milieu de la ville une table de marbre
parfaitement nivelée, ou bien on aplanira le terrain à
l'aide de la règle et du niveau, de manière à pouvoir
se passer de la table. On placera au centre, pour indiquer -
l'ombre, un style d’airain que les Grecs appellent
axiabyoas (). Avant midi, vers la cinquième heure du
jour, on examinera l'ombre projetée par le style, et on
en marquera l'extrémité par un point. Puis, à l'aide
d'un compas dont l'une des pointes sera appuyée au
centre, on tracera une ligne circulaire, en la faisant
passer par ce point qui indiquera la longueur de l'ombre
projetée par le style. Il faudra observer de même, aprés
midi, l'ombre croissante de l’aiguille, et, lorsqu’elle
aura atteint la ligne circulaire et parcouru une longueur
pareille à celle d'avant midi, en marquer l'extrémité par
un second point.
(1) Qui trouve l'ombre.