Volltext : Tome premier (1)

VITRUVE.  LIV.  I.
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les  place  devant  le  feu.  Avant  d'être  échauffés,  ils  ne
laissent  échapper  aucun  air;  mais  ils  n'ont  pas  plutôt
éprouvé  l'action  de  la  chaleur,  qu'ils  lancent  vers  le  feu
un  vent  impétueux.  Cette  expérience,  si  simple  et  si  courte,
nous  met  à  même  de  connaître  et  d'apprécier  les  causes
si  grandes  et  si  extraordinaires  des  vents  et  de  l'air.
Qu'un  lieu  soit  mis  à  l'abri  des  vents,  non-seulement
les  personnes  qui  se  portent  bien  y  conserveront  une
santé  parfaite,  mais  encore  celles  qui,  même  dans
d’autres  endroits  sains,  ne  trouvent  pas  dans  les  secours
de  la  médecine  de  remède  à  des  maladies  qu'elles  doivent -
  à  des  causes  étrangères  aux  vents,  s'y  guériront
promptement,  grâce  à  l’abri  qu’elles  y  rencontreront.
Les  maladies  dont  la  guérison  est  difficile  dans  les  lieux
dont  il  est  parlé  plus  haut,  sont  les  rhumes,  la  goutte,  la
toux,  la  pleurésie,  la  phthisie,  l'hémoptysie,  et  les  autres
indispositions  qui,  pour  guérir,  ont  moins  besoin  de
débilitants  que  de  toniques.  La  difficulté  de  traiter  ces
maladies  vient  d’abord  de  ce  qu'elles  sont  causées  par  le
froid,  et  ensuite  de  ce  que  sur  des  forces  déjà  épuisées
par  la  maladie  viennent  agir  les  effets  d'un  air  qui,  raréfié -
  par  l'agitation  des  vents,  exprime,  pour  ainsi  dire,
les  sucs  des  corps  malades,  et  les  exténue  de  plus  en
plus;  au  lieu  qu’un  air  doux  et  d’une  densité  convenable,
sans  agitation,  sans  flux  ni  reflux,  redonnant  des  forces
aux  membres  par  son  calme  et  son  immobilité,  nourrit
et  rétablit  ceux  qui  sont  atteints  de  ces  maladies.
Quelques  auteurs  n'admettent  que  quatre  vents  :  le
solanus,  qui  souffle  du  levant  équinoxial  ;  l'auster,  du
midi;  le  favonius,  du  couchant  équinoxial;  le  septentrion, -
  du  nord.  Mais  ceux  qui  se  sont  livrés  à  des  recherches -
  plus  exactes,  en  ont  compté  huit.  C'est  surtout
Andronique  de  Cyrrha,  qui,  pour  en  indiquer  la  direction, -
  fit  bâtir  à  Athènes  une  tour  de  marbre,  de  figure
octogone.  Sur  les  huit  faces  de  cette  tour  était  repré¬
            
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