VITRUVE. LIV. I.
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angles. Dans les tours rondes, au contraire, les pierres
étant taillées en forme de coin, ne peuvent souffrir
des coups qui les poussent vers le centre. Lorsque les
tours et les courtines sont terrassées, elles acquièrent
une très-grande force, parce que ni les mines, ni les
béliers, ni les autres machines ne peuvent leur nuire.
Toutefois ces terrasses ne sont nécessaires que lorsque -
les assiégeants ont trouvé hors des murs une éminence -
qui leur donne la facilité d'y arriver de plainpied -
: dans ce cas, il faut creuser des fossés aussi larges
et aussi profonds que possible. Au-dessous du lit de ces
fossés doivent descendre les fondements du mur, auquel -
on donnera une épaisseur capable de soutenir les
terres.
Il faut alors construire un contre-mur dans l'intérieur
de la place, en laissant entre ce contre-mur et le mur
extérieur un espace assez grand pour faire une terrasse
qui puisse contenir les troupes destinées à la défendre,
comme si elles étaient rangées en bataille. Entre ces deux
murs placés à la distance exigée, on en doit bâtir d'autres -
transversalement, qui rattachent le mur intérieur au
mur extérieur, et qui soient disposés comme les dents
d'un peigne ou d'une scie. Par ce moyen, la masse des
terres étant divisée en petites parties, et ne portant pas
de tout son poids, ne pourra point pousser les murailles
en dehors.
Quant aux matériaux qui doivent entrer dans la construction -
des murailles, il n'est pas facile de les spécifier,
parce que chaque localité ne peut offrir toutes les ressources -
désirables; il faut donc employer ceux qui se
rencontrent, soit pierres de taille, soit gros cailloux,
soit moellons, soit briques cuites ou non cuites. A Ba¬