374
NOTES DU LIVRE V.
reprend ceux qui confondent le laconicum, qui était le lieu oi
l'on suail, avec l'hypocaustum, qui était le fourneau qui échauffait
le laconicum. Il n'est guère possible, en effet, que ce laconicum
fut, comme l'a cru Galiani, une petite rotonde en coupole qui
couvrait une ouverture pratiquée dans le pavé de l’étuve, poury
laisser passer la flamme du fourneau. Si c'eût été un moyen d'augmenter -
la chaleur de l'étuve, la fumée qui n'aurait pas manqué
de se répandre par cette ouverture, l'aurait bientôt fait abandonner. -
De la description que fait Vitruve des bains détachés des palestres, -
il résulte, 1° qu’ils étaient ordinairement doubles, les uns
pour les hommes, les autres pour les femmes : c'était ainsi,
du moins, chez les Romains, qui en cela avaient plus consulté les
bienseances que les Lacédémoniens, chez qui les deux sexes se
baignaient pêle-mêle ; 2° que les deux bains chauds étaient contigus, -
alin que le même fourneau pût échauffer les vases de l'un et
de l'autre bain qui sont dans les pièces rr (fig. 86, p. 573) : aa sont
les vases d’eau chaude; ee, ceux d'eau tiède; cc, ceux d'eau froide;
3° que le milieu de ces bains était occupé par un grand bassin m
pour les hommes, n pour les femmes, qui recevait l'eau par divers -
tuyaux, et dans lequel on descendait par quelques degrés;
qu'autour de ce bassin étaient, avec le degré inférieur it, des
accoudoirs ou balustrades v», une espèce de corridor z (schola)
assez large pour contenir ceux qui attendaient que les premiers
venus sortissent du bain, et les reposoirs ax ; 4° que les étuves
appelées laconicum et tepidarium étaient jointes ensemble et arrondies; -
5° que le plancher des étuves était creux et suspendu
pour recevoir la chaleur de l'hypocauste.
117.— Palestrarum «edificationes. La palestre, chez les Grecs,
était un édifice public où les jeunes gens se livraient aux exercices
de l'esprit, et principalement à ceux du corps. Onsait quelle importance -
les Grecs attachaient à la célébration des jeux Olympiques. -
Rien n'était plus glorieux que d'y être proclamé vainqueur,
et Cicéron, dans son Plaidoyer pour Flaccus, et ailleurs, fait
remarquer que le consula dans son ancienne splendeur, et le
triomphe dans toute sa majesté, n'avaient rien de plus grand à
Rome, que la couronne olympique en Grèce.
A Lacédémone, les filles s exerçaient dans la palestre aussi bien
que les hommes. Voyez PROPERCE, liv. III, élég. 14, et CICÉRON,
Tuscul., liv. 11, ch. 15.
Aux palestres, les Romains joignirent des thermes, vastes et
magnifiques édifices, dans lesquels les empereurs étalèrent un