Full text : Tome premier (1)

NOTES  DU  LIVRE  V.
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dans  les  bains,  se  passait  avec  modestie.  Les  bains  des  semmes
étaient  entièrement  séparés  de  ceux  des  hommes,  et  c'eût  été  un
crime,  si  l'un  des  deux  sexes  fût  passé  dans  le  bain  de  l'autre.  La
pudeur  y  était  observée  à  ce  point,  dit  Cicéron,  que  les  enfants
pubères  ne  se  baignaient  jamais  avec  leurs  pères,  ni  les  gendres
avec  leurs  beaux-pères  ;  mais  quand  le  luxe  et  la  vie  voluptueuse
eurent  banni  la  modestie,  et  que  la  débauche  se  fut  glissée  dans
toute  la  ville,  les  bains  n'en  furent  point  exempts,  et  devinren
communs  aux  deux  sexes.  L'empereur  Adrien  défendit  absolu
ment  ce  mélange  d'hommes  et  de  femmes,  sous  de  rigoureuse
peiues,  et  sous  le  règne  de  Marc-Aurèle  et  d'Alexandre  Sévère
les  bains  des  hommes  et  ceux  des  femmes  furent  encore  une  foi
séparés,  et  la  modestie  y  fut  rétablie.
105.—  Ahena  supra  hypocaustum  tria  sunt  componenda.  Nouvoyons -
  que  l’eau  destinée  pour  les  bains,  était  chauffée  par  ui
fourneau  nommé  hypocauste,  placé  sous  les  salles  des  bains.I
échauffait  aussi,  à  ce  qu'il  paraît,  la  chambre  chaude,  ou  étuve  ?
faire  suer,  et  même  les  autres  pièces,  par  des  tuyaux  qui  circu
laient  sous  le  pavé.  Cette  eau  était  contenue  dans  trois  vases.  Ga
liani  pense  qu’ils  ne  devaient  pas  suffire  pour  contenir  l'eau  ne
cessaire,  ce  qui  lui  fait  croire  que  Vitruve  veut  parler  de  tro
différentes  espèces  de  vases  dont  il  y  aurait  eu  un  certain  nombi
pour  chaque  sorte  d’eau.  Il  ne  connaissait  pas  sans  doute  la  capa
cité  des  vases  que  les  anciens  employaient  à  cet  usage.  J'en  ai  v
plusieurs,  dit  de  Bioul,  dans  différents  endroits  de  Rome,  entr
autres  dans  la  cour  du  monastère  des  Bénédictins,  près  de  la  ba
silique  de  Saint-Paul,  hors  des  murs,  et  dans  les  jardins  de  li
villa  Borghèse.  On  avait  ajouté  à  ceux  qui  sont  dans  ces  jardins
des  pieds  et  des  piédestaux,  pour  en  faire  de  très-beaux  vases  qui
décoraient,  avec  d’autres  ornements,  le  tour  d'une  magnilique
fontaine.  Ces  vases  ont  au  moins  six  pieds  de  diamêtre;  ils  contenaient -
  autant  d’eau  tiède  et  d’eau  chaude  qu’il  en  faut  pour
un  très-grand  bain.  Palladius  (Écon.  rur.,  liv.  1,  ch.  40)  les
appelle  milliaria,  à  cause  du  volume  d'eau  qu’ils  contenaient.
106.  —  Et  ita  collocanda.  Il  n'est  pas  aisé  de  retrouver  comment -
  ces  vases  sont  disposés,  pour  que;  commele  veut  Vitruve,
de  celui  qui  contient  l'eau  tiède,  il  passe  autant  d'eau  qu'on  en
aura  tiré  de  celui  qui  contient  l'eau  chaude,  et  de  celui  qui  contient -
  l’eau  froide,  une  quantité  semblable  à  celle  qui  sera  sortie
du  vase  contenant  l'eau  tiède.
Cesariano  et  Caporali  ont  représenté  ces  trois  vases  places  les
            
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