Volltext : Tome premier (1)

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NOTES  DU  LIVRE  V.
On  prenait  ordinairement  son  bain  avant  souper.  Il  n'y  avait
que  les  voluptueux  qui  se  baignassent  à  la  suite  de  ce  repas  ;  mais
ils  s'en  trouvaient  souvent  fort  mal,  comme  le  dit  Juvénal,  sat.  jre
v.  142.  Martial  (liv.  Iv,  épigr.  8,  et  liv.  x1,  épigr.  52)  désigne  la
huitième  heure,  c'est-à-dire  deux  heures  après  midi,  comme  étant
celle  à  laquelle  il  se  rendait  à  la  palestre  et  aux  bains.
Les  bains,  si  l'on  en  croit  Pline,  ne  furent  en  usage  à  Rome
que  du  temps  de  Pompée  ;  dès  lors  les  édiles  eurent  soin  d'en  faire
construire  plusieurs.  Dion,  dans  la  Vie  d'Auguste,  rapporte  que
Mécène  fit  bâtir  le  premier  bain  public  ;  mais  Agrippa,  dans  l'année
de  son  édilité,  en  fit  construire  cent  soixante-dix.  A  son  exemple
Néron,  Vespasien,  Titus,  Domitien,  Sévère,  Gordien,  Aurélien,
Dioclétien,  et  presque  tous  les  empereurs  qui  cherchèrent  à  se
rendre  agréables  au  peuple,  firent  bâtir  des  étuves  et  des  bains
avec  les  marbres  les  plus  précieux,  et  dans  les  règles  de  la  plus
belle  architecture;  ils  prenaient  plaisir  à  s'y  baigner  avec  le  peu
ple.  Publius  Victor  dit  qu'il  y  avait  jusqu’à  huit  cents  de  ces  édifices -
  répandus  dans  tous  les  quartiers  de  Rome,  et  Pline  le  Jeune,
qu’ils  s’étaient  augmentés  à  l’infini.
Les  thermes  étaient  si  vastes  qu'Ammien  Marcellin,  pour  donner
une  idée  de  leur  grandeur,  les  compare  à  des  provinces  entières.
Ce  qui  nous  reste  encore  aujourd'hui  de  quelques  anciens  thermes, -
  nous  fait  juger  de  leur  prodigieuse  étendue.
La  description  des  thermes  de  Dioclétien,  qui  nous  a  été  donnée
par  André  Baccius,  nous  fournit  un  tableau  complet  de  la  grandeur -
  et  de  la  magnificence  romaine  dans  ces  sortes  d'ouvrages.
On  y  voit  un  grand  lac  dans  lequel  on  s’exerçait  à  la  nage,  des
portiques  pour  les  promenades,  des  basiliques  où  le  peuple  s'assemblait -
  avant  que  d’entrer  dans  le  bain,  ou  après  en  être  sorti;
des  appartements  où  l’on  pouvait  manger,  des  vestibules  et  des
cours  ornés  de  colonnes,  des  lieux  où  les  jeunes  gens  faisaient
leurs  exercices,  des  pièces  pour  se  rafraîchir,  où  l'on  avait  pratiqué -
  de  grandes  fenêtres,  afin  que  le  vent  pût  y  entrer  aisément;
des  lieux  où  l'on  pouvait  suer,  des  bois  délicieux  ;  des  endroits
pour  l’exercice  de  la  course;  d’autres  où  l’on  s’assemblait  pour
conférer  ensemble,  et  où  il  y  avait  des  sièges  pour  s'asseoir;
d’autres  où  l’on  s’exerçait  à  la  lutte  ;  d’autres  où  les  philosophes,
les  rhéteurs  et  les  poêtes  cultivaient  les  sciences  par  manière
d’amusement  ;  d’autres  où  l’on  gardait  les  huiles  et  les  parfums;
d'autres  où  les  lutteurs  se  jettaient  du  sable  l'un  sur  l'autre  pour
avoir  plus  de  prise  sur  leurs  corps  frottés  d'huile.
Uti  caldaria  muliebria  viriliaque  conjuncta.  Tout,
104.
            
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