568
NOTES DU LIVRE V.
doriques; à gauche, d'ioniques ou de corinthiennes; les unes
étaient plus hautes, les autres plus basses. Nous voyons dans le
texte que les colonnes ioniques ou corinthiennes de l'intérieudoivent -
être plus hautes d'une cinquième partie que les colonnes
doriques de l'extérieur. Cette cinquième partie est une grandeuexcessive, -
dit Perrault, car ces colonnes ne doivent excéder les
autres que de la hauteur de l'architrave, qui, dans une colonne
dorique de quinze modules, telle qu'est celle dont il s'agit, n'est
que la quinzième partie de la colonne, parce que cette architrave
n'est haute que d'un module ; de sorte qu'il y a apparence qu'il
faut lire, au lieu d'un cinquième, un quinzième, et croire que
du nombre xv le caractère x était effacé dans la copie, et qu'il
n'est resté que le v.
Galiani ne rejette point l'opinion de Perrault, et ajoute que
s'il est vrai qu’il n’y ait point d’erreur dans le texte, il faut croire
que les colonnes du milieu s'élèvent intérieurement jusqu’au niveau -
de la corniche extérieure, puisque l'architrave et la frise ont
trois modules de hauteur ; ce qui serait bien la cinquième partie
d'une colonne haute de quinze modules : mais ces proportions ne
sont pas celles que Vitruve donne à l'ordre dorique, au ch. 3
du liv. IV
102.—
Ex his nullus surgit humor nebulosus. Cette hypothèse
est, selon Perrault, contraire à celle qui est généralement admise
comme étant absolument nécessaire pour trouver la raison des
sources des fontaines ; et l'expérience fait voir que les eaux qui
ne sont exposées ni au soleil ni au vent, ne laissent pas de s'évaporer. -
Vitruve même dit (liv. VIII, ch. 1) que pour connaître
s'il y a de l’eau sous terre, il faut enfermer dans une fosse bien
couverte quelque vase renversé, afin que la vapeur de l'eau qui
s'élève du fond de la terre, s'y attache.
103.— Tempus lavandi a meridiano ad vesperum. Il n'était pas
permis de prendre des bains à toute heure du jour, mais seulement
à certaines heures qui étaient annoncées par le son d'une espèce
de cloche. Vitruve dit qu'en général c'était depuis midi jusqu'au
soir. L'empereur Adrien défendit par un édit d'ouvrir les bains
avant deux heures après midi; il ny avait d'exception que pour
les malades. On ne les ouvrait jamais avant le soleil levé, ni aprèle -
soleil couché. Alexandre Sévère permit pourtant qu’on les tint
ouverts la nuit, dans les grandes chaleurs de l'été; il ajouta même
la libéralité à la complaisance, en fournissant l'huile qui brûlait
dans les lampes.