NOTES DU LIVRE V.
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qui leur restait à représenter, fussent obligés de s'éloigner du
théâtre, ce qui eût été assurément fort incommode? Et puis il
n'est pas inutile de remarquer que ce portique d'Eumène, que
Vitruve donne pour exemple; doit être, au rapport de Sponius,
celui dont les ruines sont contiguës au théâtre de Bacchus.
Comme ces portiques avaient quatre faces différentes, et que
leurs arcades étaient ouvertes en dedans, on pouvait, quelque
temps qu'il fit, se promener à l'abri de leur mur extérieur, et
profiter de leur différente exposition , suivant la saison; et comme
l'espace découvert qui était au milieu, était un jardin public, on
ne manquait pas de l'orner de tout ce qui pouvait en rendre
l'usage plus agréable ou plus utile.
De tous les portiques qui furent bâtis à Rome, les trois plus
considérables étaient ceux de Pompée, d’Auguste et de Néron.
Celui de Pompée était la plus délicieuse promenade de la ville et
la plus fraîche en été; aussi les poëtes l'appelaient-ils par excellence -
Pompeia umbra :
Tu modo Pompeia lentus spatiare sub umbra.
(OVIDIUS, Artis amat. lib. 1, v. 67.)
Tu neque Pompeia spatiabere cultus in umbra.
(PROPERTIUS, lib. IV, carm. 8, v. 75.)
Le portique d'Auguste servait d'ornement à son palais et à sa
bibliothèque. Les colonnes de ce portique étaient de marbre de
Numidie, et l'on y voyait les statues des cinquante silles de Danaûs, -
rangées par ordre. Néron fit enrichir son palais de trois
portiques de trois mille pas de long chacun; on les appelait
pour cela porticus milliariæe.
On comptait, du temps d'Auguste, plus de quarante-cinq portiques -
publics à Rome.
C'était ordinairement là que ceux qui aimaient les plaisirs
tranquilles passaient les premières heures de l’après-diner.
Le dessin que donne Perrault de ces portiques et promenoirs
diffère beaucoup de celui qu'en donne Galiani, que nous avons
préféré. Dans le plan de Perrault, le double portique de colonnes
se trouve placé en dehors d'un mur qui les sépare des allées
d'arbres qui forment le promenoir Dans celui de Galiani, au
contraire, le mur gg (fig. 84, p. 552) est en dehors, et renferme
le portique n dont la fig. 84 représente un côté, et le promenoir
m. Voici les raisons qui ont fait adopter ce plan par Galiani;
l'auteur s'exprime ainsi : parietes, qui circumcludunt porticus am
bulationes ; s'il avait voulu exprimer le sens que lui prête Perrault,
il aurait dit, hypathras ambulationes, d'autant plus qu'il écrit