NOTES DU LIVRE V.
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celle du principal acteur; celles qui étaient à droite et à gauche
étaient destinées à ceux qui jouaient les seconds rôles; et les
deux qui étaient sur les ailes servaient, comme nous l’avons vul'une -
à ceux qui arrivaient de la campagne, et l’autre à ceux qui
venaient de la place publique.
Chez les anciens, le lieu où se passait la scène était toujours
censé être un lieu public, et jamais un lieu fermé, parce que
d'après les règles établies pour le théâtre, la comédie et surtout
la tragédie, doivent représenter une action publique et visible.
Aussi, dans presque toutes les pièces de Sophocle et d'Euripide,
le lieu de la scène est une place publique, vis-à-vis d'un palais
La grande façade qui remplissait le fond du théâtre convenait
donc presque à toutes ces pièces. Si quelque objet particulier,
comme un temple, une statue, un tombeau, devait se trouver sur
le théâtre, on le plaçait parmi les décorations mobiles sur le côté;
ce qui se voit clairement par les pièces des auteurs qui viennent
d'être cités.
Daléchamp, dans ses notes sur Athénée, pense que les pièces
de théâtre appelées satyriques, étaient pleines de libertés brutales
et grossières; et en effet, il y a beaucoup de choses de cette nature
dans le Cyclope d'Euripide, seul ouvrage qui nous soit resté dans
ce genre.
91. — In topiorum speciem. Les auteurs sont peu d'accord sur
la signisication du mot topia. D'après l'opinion du plus grand
nombre, il s'agirait ici de ces figures faites avec du buis, du
cyprès, de l'if et autres arbrisseaux verts, pour l'ornement des
jardins. D’autres croient, avec plus de raison, que ce sont des
paysages représentés en peinture ou en tapisserie. Car, dit Per
rault, soit qu’on fasse venir ce mot du grec rocioy, qui signifie
une ficelle, ou de réo, qui veut dire un lieu ou un pays, il exprime -
toujours fort bien, ou un paysage qui est la représentation
des lieux, ou une tapisserie qui est faite par l'entrelacement de la
soie, de la laine et de l'or, dans de petites ficelles qui font la
chaîne de l'ouvrage de la tapisserie.
92.— In Græcorum theatris non omnia iisdem rationibus sunt
facienda. La principale différence qu'il y avait entre la distribution -
des théâtres des Grecs et celle des théâtres des Latins, c'est
que le proscenium de ces derniers était bien plus étendu qu'il ne
l'était dans les premiers, et qu'en revanche l'orchestre occupait
un bien plus petit espace ; chez les Latins, c'était en grande partie
aux dépens de l'orchestre que le proscenium s'avançait autant.
Vitruve. I.