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NOTES DU LIVRE V.
Mais, dira-t-on, ces décorations ne sont pas mieux placées sur
les côtés de la scène, si le milieu représente la façade d'un palais
soit ; mais il faut avouer pourtant que cette disposition répugne
moins. Ces décorations, du reste, servaient plutôt chez les anciens
à indiquer le genre de spectacle qu'à représenter le lieu où se
passait la scène, comme elles le font aujourd'hui, où on les a
portées à un si haut degré de perfection. A présent encore; dans
les petites villes d'Italie, le fond de la scène ne change jamais, et
représente toujours des habitations, dit de Bioul ; tandis que les
décorations sur les côtés changent, et représentent, suivant les
circonstances, ou des bois, ou des maisons, ou d'autres objets.
Un passage de l'Electre, de Sophocle, vient encore à l'appui de
cette opinion. Dans la première scène du premier acte, le gouverneur -
d'Oreste dit : « Cette ville qui est à nôtre droite, c'est
l'ancienne ville d'Argos.... Ce que vous voyez à votre gauche,
c'est le temple de Junon..... Et ce palais, c'est le malheureux palais -
des fils de Pélops. » Là se trouvent placées, comme elles le
sont dans le texte de Vitruve, les différentes parties de la scène :
le palais occupe le fond, la ville et le temple les deux côtes.
88.— Quod machinæ sunt in iis locis versatiles trigonœ. Outre
ces machines, faites en triangle, que les Grecs appelaient ρrot,
et les Latins versatiles, c'est-à-dire tournantes, et qui fournissaient -
chacune différentes peintures, Servius nous apprend qu'il
y avait d'autres décorations dont l'artifice consistait à changer la
face de la scène. Ces changements se faisaient ou par des leuilles
tournantes ou par des châssis appelés ductiles, parce qu'on les
faisait couler ; en sorte que quand on en tirait un, on en découvrait -
un autre qui était caché derrière. Mais comme il ajoute
qu'on levait la toile, siparium, à chacun de ces changements, il
y a apparence qu'ils ne se faisaient point promptement.
Le mouvement de cette toile à peu près semblable à celle de
nos théâtres, et destinée aux mêmes usages, était tout différent.
La nôtre se lève au commencement de la pièce, et s'abaisse à la
fin de la représentation, parce qu'elle se plie sur le cintre; celle
des anciens s'abaissait à l'ouverture de la scène, et se levait dans
les entr'actes, pour la préparation du spectacle suivant, parce
qu'elle se pliait sur le théâtre ; de manière que lecer et baisser la
toile signifiait précisément chez eux le contraire de ce que nous
entendons aujourd'hui par ces expressions.
Ily-avait encore dans les théâtres anciens des machines audessus -
de la scène, pour les dieux célestes, et au-dessous pour les
ombres, les furies et les autres divinités infernales. Ces dernières