Volltext : Tome premier (1)

559
NOTES  DU  LIVRE  V.
Mais,  dira-t-on,  ces  décorations  ne  sont  pas  mieux  placées  sur
les  côtés  de  la  scène,  si  le  milieu  représente  la  façade  d'un  palais
soit  ;  mais  il  faut  avouer  pourtant  que  cette  disposition  répugne
moins.  Ces  décorations,  du  reste,  servaient  plutôt  chez  les  anciens
à  indiquer  le  genre  de  spectacle  qu'à  représenter  le  lieu  où  se
passait  la  scène,  comme  elles  le  font  aujourd'hui,  où  on  les  a
portées  à  un  si  haut  degré  de  perfection.  A  présent  encore;  dans
les  petites  villes  d'Italie,  le  fond  de  la  scène  ne  change  jamais,  et
représente  toujours  des  habitations,  dit  de  Bioul  ;  tandis  que  les
décorations  sur  les  côtés  changent,  et  représentent,  suivant  les
circonstances,  ou  des  bois,  ou  des  maisons,  ou  d'autres  objets.
Un  passage  de  l'Electre,  de  Sophocle,  vient  encore  à  l'appui  de
cette  opinion.  Dans  la  première  scène  du  premier  acte,  le  gouverneur -
  d'Oreste  dit  :  «  Cette  ville  qui  est  à  nôtre  droite,  c'est
l'ancienne  ville  d'Argos....  Ce  que  vous  voyez  à  votre  gauche,
c'est  le  temple  de  Junon.....  Et  ce  palais,  c'est  le  malheureux  palais -
  des  fils  de  Pélops.  »  Là  se  trouvent  placées,  comme  elles  le
sont  dans  le  texte  de  Vitruve,  les  différentes  parties  de  la  scène  :
le  palais  occupe  le  fond,  la  ville  et  le  temple  les  deux  côtes.
88.—  Quod  machinæ  sunt  in  iis  locis  versatiles  trigonœ.  Outre
ces  machines,  faites  en  triangle,  que  les  Grecs  appelaient  ρrot,
et  les  Latins  versatiles,  c'est-à-dire  tournantes,  et  qui  fournissaient -
  chacune  différentes  peintures,  Servius  nous  apprend  qu'il
y  avait  d'autres  décorations  dont  l'artifice  consistait  à  changer  la
face  de  la  scène.  Ces  changements  se  faisaient  ou  par  des  leuilles
tournantes  ou  par  des  châssis  appelés  ductiles,  parce  qu'on  les
faisait  couler  ;  en  sorte  que  quand  on  en  tirait  un,  on  en  découvrait -
  un  autre  qui  était  caché  derrière.  Mais  comme  il  ajoute
qu'on  levait  la  toile,  siparium,  à  chacun  de  ces  changements,  il
y  a  apparence  qu'ils  ne  se  faisaient  point  promptement.
Le  mouvement  de  cette  toile  à  peu  près  semblable  à  celle  de
nos  théâtres,  et  destinée  aux  mêmes  usages,  était  tout  différent.
La  nôtre  se  lève  au  commencement  de  la  pièce,  et  s'abaisse  à  la
fin  de  la  représentation,  parce  qu'elle  se  plie  sur  le  cintre;  celle
des  anciens  s'abaissait  à  l'ouverture  de  la  scène,  et  se  levait  dans
les  entr'actes,  pour  la  préparation  du  spectacle  suivant,  parce
qu'elle  se  pliait  sur  le  théâtre  ;  de  manière  que  lecer  et  baisser  la
toile  signifiait  précisément  chez  eux  le  contraire  de  ce  que  nous
entendons  aujourd'hui  par  ces  expressions.
Ily-avait  encore  dans  les  théâtres  anciens  des  machines  audessus -
  de  la  scène,  pour  les  dieux  célestes,  et  au-dessous  pour  les
ombres,  les  furies  et  les  autres  divinités  infernales.  Ces  dernières
            
Waiting...

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzerin, sehr geehrter Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.

powered by Goobi viewer