Volltext : Tome premier (1)

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NOTES  DU  LIVRE  V.
52.—  Est  autem  harmoniæ  modulatio.  Celte  définition  ne  se
trouve  point  dans  Aristoxène,  qui  dit  seulement,  que  le  genre
enharmonique  charmait  tellement  les  anciens,  qu'ils  négligcaient
les  autres  au  point  de  les  ignorer  presque.  Cependant  Proclus,
sur  le  Timée,  dit  que  Platon  avait  composé  le  diagramme  diatonique; -
  et  Aristoxène  même  avoue  que  le  diatonique  est  le  premier -
  et  le  plus  ancien,  et  que  l'enharmonique  est  si  bizarre  que
l'oreille  a  bien  de  la  peine  à  s'y  accoutumer
53.  —  Chroma  subtili  solertia  ac  crebritate  modulorun  suaviorem -
  habet  delectationem:  Perrault  pense  que  par  crébritas  modulorum -
  Vitruve  entend  ce  que  les  anciens  musiciens  grecs  appelaient -
  wvéy,  c'est-à-dire  serré.  C'était,  ce  qui  fait  la  différence
des  genres,  dont  les  uns  ont  les  intervalles  plus  serrés  que  les
autres  :  car  Aristoxèné  dit  que  le  véy  est,  dans  le  létracorde,
la  composition  de  deux  intervalles,  qui  joints  ensemble,  sont
moindres  que  le  troisième  intervalle.  Ainsi,  dans  l'enharmonique
les  deux  premiers  intervalles  ne  font  ensemble  qu'un  demi-ton,
et  le  troisième  fait  deux  tons;  dans  le  chromatique,  les  deux
premiers  intervalles  font  ensemble  un  ton,  et  le  troisième  un  ton
et  demi.  Mais  le  diatonique  n'a  point  de  pycnon;  parce  que  ses
deux  petits  intervalles  joints  eusemble  sont  plus  grands  que  le
troisième  :  car  ils  font  un  ton  et  demi,  et  lé  troisième  ne  fait  qu'un
lon.  Par  cette  raison,  le  diatonique  était  plus  aisé  à  chanter  que
les  autres  genres,  qui  ne  pouvaient  être  attaqués  que  par  d'excellents -
  musiciens.  Faute  d'avoir  fait  cette  réflexion,  Turnèbe  n'a
pu  expliquer  en  quoi  consiste  la  finesse  d'un  mot  que  Suétone
rapporte  de  Néron,  qui,  dinant  dans  l'orchestre  en  présence  du
peuple,  dit  en  grec  que  s'il  buvait  bien  dans  ce  lieu-la,  il  n'en
chanterait  que  mieux  sur  le  théâtre  ;  car  il  y  a  dans  le  grec  une
allusion  entre  les  anois  brexiveu,  qui  signisie  boire  un  peu  plus  que
de  coutume,  et  vrérvyev  éysu,  qui  veut  dire  chanter  le  genre
chromatique,  ou  l'enharmonique,  dans  lesquels  le  pychon  est  employé, -
  c'est-à-dire  chanter  en  maître.
54.  —  Diatoni  vero,  quod  naturalis  est.  Le  diatonique,  qui  ne
procède  que  par  des  tons  et  des  demi-tons,  est  plus  naturel  et
moins  contraint  que  les  autres  génres;  car  les  deux  demi-tons  qui
sont  de  suité  dans  le  chromatique,  sont  contre  l'ondre  naturel  de
chanter,  et  la  grande  disproportion  des  intervalles  de  l'epharmonique -
  le  rend  fort  contraint,  cette  disproportion  étant  telle,  que
le  dièse,  qui  est  le  plus  petit  de  ces  intervalles,  n'est  que  la  huitième
partie  du  ditonun  ou  tierce  majeure,  qui  est  le  plus  grand.
In  lis  tribus  generibus.  La  voix  modifie  les  sons  qu'elle
55.—
            
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