NOTES DU LIVRE V.
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Par genre, les ançiens entendaient la division et la disposition
du tétracorde considéré dans les intervalles des quatre sons qui les
composent.
La bonne constitution de l'accord du tétracorde, c'est-à-dire
l'établissement d'un genre régulier, dépendait des trois règles suivantés -
tirées d'Aristoxène et rapportées par Vitruve.
La première était que les deux cordes extrêmes du tétracorde
devaient toujours rester immobiles, asin que leur intervalle fût
toujours celui d'une quarte juste óu du diatessaron. Quant aux
deux cordes moyennes, elles variaient à la vérité; mais l'intervalle
de la lichanos à la mese ne devait jamais passer deux tons, ni diminuer -
au delà d'un ton; de sorte qu'on avait précisément l'espace
d'un ton pour varier l'accord de la lichanos, et c'est là seconde
règle. La troisième était que l'intervalle de la parhypate, ou seconde -
corde, à l'hypate, n'excédât jamais celui de la même parhypate -
à la lichanos.
Pour faciliter l'intelligence du diagramme, Galiani a cru devoir -
employer les signes ou caractères dont on se sert aujourd'hui -
pour marquer les sons ou cordes, tels qu'ils étaient divisés
et disposés dans les trois genres des anciens.
Les notes blanches indiquent, dans tous les genres, les sons
immobiles qui commencent et qui finissent les tétracordes ; les
noires marquent les sons mobiles, toujours placés au milieu de
chaque tétracorde; et variant selon les différents genres.
51.— Primum quod Grœci nominant ia, secundum ua,
tertium Starovoy. La différence des trois genres, dit Perrault, consiste -
dans la différente ténsion des deux cordes du milieu des tétracordes. -
Le genre où elles sont le plus tendues s'appelle diato
nique, soit à cause de cette tension même, soit parce qu'il y a
deux cordes dont les intervalles sont d'un ton. Le genre où les
cordes du milieu sont le moins tendues, s'appelle enharmonique,
c'est-à-dire tempéré ; celui où elles sont plus tendues que dans
l'enharmonique, et moins que dans le diatonique, s'appelle
chromatique, c'est-à-dire coloré, parce que, comme dit Martianus -
Capella, le chromatique est moyen entre les deux excès de
tension et de relâchement des cordes médianes de l'enharmonique
et du diatonique, comme la couleur est quelque chose de moyen
entre le noir et le blanc, qu'on ne met pas au nombre des cou
leurs quand on les compare au rouge, au vert, etc. Suétone dit
que Néron avait la voix brunè, fuscam; Dion et Aristote ont
employé la même métaphore en appelant py une voix qui
n'est pas claire.