Full text : Tome premier (1)

NOTES  DU  LIVRE  V.
534
méthode  de  calcul  qui  en  déterminait  les  rapports.  C'est  dans  ce
dernier  sens  que  les  anciens  distinguaient  le  système  pythagoricien -
  et  le  système  aristoxénien.  Il  ne  sera  ici  question  que  du  second, -
  qui  est  le  seul  dont  parle  Vitruve.  Les  pythagoriciens  fixaient
tous  les  intervalles,  tant  consonnants  que  dissonants,  par  le
calcul  des  rapports;  les  aristoxéniens  s'en  tenaient  au  jugement
de  l'oreille.  Leur  dispute,  comme  le  fait  observer  J.-J.  Rousseau,
n'était  dans  le  fond  qu'une  dispute  de  mots,  puisque,  avec  des
termes  différents,  ils  rendaient  les  mêmes  idées.
Les  anciens  avaient  formé  des  tables  ou  modèles,  qui  présentaient -
  à  l'œil  l'étendue  générale  de  tous  les  sons  d'un  système;  ils
nommaient  ces  tables  diagrammes  :  c'est  ce  qué  nous  appelons
aujourd'hui  échelle,  gamme,  clavier.
Celle  qui  représentait  le  système  d'Aristoxène  est  perdue  avec
toutes  les  autres  figures  de  Vitruve;  elle  ne  se  trouve  pas  non
plus  dans  lés  éléments  de  la  musique  harmonique  d'Aristoxène.
Chaque  commentateur  a  cherché  à  remplacer  cette  table  par
uné  autre  composée  sur  son  système.  Je  donne  ici  celle  de  Galiani,
comme  étant  la  plus  simple,  la  plus  facile  à  saisir  (fig.  82,  p.  537)
Pour  bien  comprendre  cette  table,  il  faut  savoir  que  par  son,
sonitus,  ,  on  entend  la  position  d'un  son,  ou  pour  parlei
comme  les  modernes,  la  position  d'une  note.  Les  anciens  Grecs
avaient  donné  aux  différents  sons,  ou  plutôt  aux  différentes  cordes -
  de  leurs  lyres,  comme  on  le  verra  tout  à  l'heure,  les  noms
suivants;  j'y  joins  leur  signification  française  :
Proslambanomenos  ,  ajoutée  ;
Paramese,  près  de  la  moyenne;
Hypate,  supérieure  ;
Trite,  troisième;
Parhypate,  près  dé  la  supérieure;
Paranete,  près  de  la  dernière;
Lichanos,  éloignée;
Nete  ,  la  dernière.
Mese,  moyenne;
La  musique  moderne  a  abandonné  tous  ces  noms.  Elle  y  a  sup
pléé,  d'abord  par  les  premières  lettres  de  l'alphabet,  et  énsuite  par
les  notes  dont  nous  nous  servons  aujourd'hui.  Ainsi  on  appelle
La  1e  A  mi  la,  ou  simplement  la,
La  5e  E  simi,  ou  simplement  mi  ;
La  2°  B  fa  si
La  6e  F  do  fa,
si;
fa;
La  3e  C  sol  do,
801.
do;  La  7e  G  ré  sol,
La  4e  D'la  ré,
e
Ensuite  on  commence  d'autres  octaves  en  haut  ou  en  bas  avec
les  même  notes.
16.  —  Vox  enim  duobus  modis  mocetur.  Ce  passage  mérite
d  être  remarqué  dans  Aristoxène:  A        o,  i  re
            
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