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NOTES DU LIVRE V.
5. — Et lapideis aut, marmoreis epistyliis adornant. Perrault
fait observer qu'il n'est point ici question des architraves, parce
qu'il paraît, par plusieurs autres endroits de Vitruve, que les anciens -
supprimaient souvent les autres parties de l'entablement..
quand elles étaient inutiles, comme dans les intérieurs, où il n'est
point nécessaire qu'une corniche défende les colonnes contre la
pluie, et Poleni a fait cette remarque au Panthéon à Rome, et au
temple de Mars Vengeur ; comme quelquefois aussi à l'extérieur.
quand il y a deux ordres l'un sur l'autre, le second étant sufsisamment -
couvert par la corniche du premier. La basilique de
Fanum (liv. v, ch. 1) et la salle égyptienne (liv. vI, ch. 5) en offrent -
deux exemples. Vitruve se sert des mots lapideis et marmoreis -
pour indiquer la magnificence de certains forum; on sait que
le marbre l'emporte sur les autres pierres par son prix, sa cou
leur, sa dureté, son poli.
6.-Mœnianaque -
superioribus coaxationibus collocentur. Ce
sont proprement des balcons, qui furent ainsi appelés du
nom de Ménius. Ce citoyen romain, ayant vendu sa maison qui
regardait sur la place des spectacles, se réserva seulement une
colonne qui était devant, sur laquelle il bâtit une terrasse ou
balcon. Ici ces galeries sont, ce que les Italiens appellent loggie,
de seconds portiques placés sur les premiers, pour servir de
dégagement aux appartements, et de balcons couverts d'où l'on
regarde sur la place.
7.— Ne propter inopiam populi vastum forum videatur. Le sorum -
était en plein air. Quelquefois on le couvrait, comme nous
l'apprend Pline (Hist. Nat., liv. XIX, ch. 6).
8.— Duœ partes ei dentur. On lit dans un assez grand nombre
de manuscrits duc partes jubentur, ce dernier mot équivalant à
debent assumi. Cette version semblerait devoir être préférée à
celles qu'on trouve dans quelques éditions : duœ partes videntur;
duce partes laiitudini dentur ; duœ partes ei dentur. Si nous
avons adopté cette dernière, c'est parce qu'on la rencontre plus
souvent que l'autre dans les auteurs, et que le mot dentur ne
présente point le solécisme que je vois dans jubentur.
9.— Columnæ superiores quarta parte minores. Perrault dit
que cette règle est contraire à celle qui demande que l'on
augmente les grandeurs des membres d'architecture à proportion -
qu'ils sont plus élevés, ce qui n'a point été non plus observé
au Colysée, où les quatre ordres sont d'une même hauteur,
a très-peu de chose près, et où les étages sont plus grands en