511
VITRUVE. LIV. V.
naux, qu'à ouvrir des rues qui conduisent des portiques
aux marchés, qu’à élever, aux deux coins, des tours qui,
à l'aide de machines, puissent soutenir des chaines passant -
de l'une à l'autre.
Si nous n’avons point de port naturel qui soit en état
de défendre les vaisseaux contre la tempête, voici à quels
moyens il faudra avoir recours : s'il ne coule dans cet
endroit aucune rivière qui fasse obstacle, s'il se trouve
d'un côté un mouillage sûr, il faudra construire de l'autre
un môle, une levée qui s'avance dans la mer, et forme
l'entrée du port. Voici comment il faut faire ces jetées
qui doivent se bâtir dans l'eau. On se procurera de cette
poussière dont sont formées les plaines qui s'étendent
entre Cumes et le promontoire de Minerve, et on en fera
dans un bassin un mortier composé de deux parties de
poudre contre une de chaux.
Dans le lieu destiné à la construction de la jetée, des
batardeaux, formés de madriers de chêne, attachés entre
eux, seront construits dans la mer, où on les fixera solidement. -
On remplira ensuite les intervalles avec de
fortes planches, après avoir nettoyé et nivelé le fond de
l'eau; puis on y entassera des pierres mélées avec le mortier, -
dont nous venons de parler, jusqu'à ce qu'on ait
comblé l'espace ménagé dans les batardeaux pour la maconnerie. -
Mais si la violence des flots, roulant de la pleine
mer, vient à rompre les batardeaux, il faudra construire,
avec la plus grande solidité posible, un, masif contre la
terre même ou contre le parapet; la moitié de ce masit
sera élevée au niveau du terre-plein; l'autre, qui est la
plus rapprochée du rivage, sera en talus.
Ensuite, du côté de l'eau et le long du massif, on construira, -
en forme d’enceinte, un mur d'environ un pied
et demi, qui sélèvera àla hauteur du niveau dont ilvient
d'être parlé. Le creux du talus sera alors rempli de sable