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VITRUVE. LIV. I.
rées avec l'ensemble, à cause de l'uniformité des mesures.
Dans le corps humain, le coude, le pied, la main, le
doigt et les autres membres, offrent des rapports de grandeur; -
ces mêmes rapports doivent se rencontrer dans
toutes les parties d'un ouvrage. Pour les édifices sacrés.
par exemple, c'est le diamètre des colonnes ou un triglyphe -
qui sert de module; dans une baliste, c'est le trou
que les Grecs appellent o; dans un navire, c'est
l'espace qui se trouve entre deux rames, nommé en grèc
Si. C'est également d'après un des membres des
autres ouvrages qu'on peut juger de la grandeur de toute
l'œuvre.
La bienséance est la convenance des formes exterieures -
d'un édifice dont la construction bien entendue
donne l'idée de sa destination. Elle s'obtient par l'état
des choses, en grec aiguis, par l'habitude et par la
nature : par l’état des choses, en élevant à Jupiter, à la
Foudre, au Ciel, au Soleil, à la Lune, des temples sans
toit, à découvert. Car la présence de ces divinités se manifeste -
à nos yeux par leur éclat dans tout l'univers.
Minerve, Mars et Hercule auront des temples suivant
l'ordre dorique, parce que s’ils étaient bâtis avec la délicatesse -
particulière aux autres ordres, ils ne conviendraient -
point à la vertu sévère de ces divinités; tandis
que ceux de Vénus, de Flore, de Proserpine, des nymphes -
des fontaines, seront d’ordre corinthien, les propriétés -
de cet ordre convenant parfaitement à ces déesses,
dont la grâce semble exiger un travail délicat, fleuri,
orné de feuillages et de volutes, qui contribuera d'une
manière convenable à la bienséance. Si en l'honneur de
Junon, de Diane, de Bacchus et d'autres divinités semblables, -
on élève des temples d'ordre ionien, on aura
raison, parce que cet ordre, qui tient le milieu entre la
sévérité du dorique et la délicatesse du corinthien, est
plus analogue au caractère de ces divinités.