VITRUVE. LIV. V.
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ment. Qu'on examine les musiciens; ont-ils à faire entendre -
des sons élevés? Ils se tournent vers les portes de
la scène dont le retentissement vient aider leur voix.
Mais lorsqu'on bâtit un théâtre avec des moellons, des
pierres de taille, du marbre, toutes matières solides qui
ne peuvent résonner, c'est alors qu'il en faut faire l'ap
plication.
Me demandez-vous dans quel théâtre on les a mises
en pratique? Il est certain qu'il n'y en a point à Rome;
mais j'en pourrais faire voir dans plusieurs endroits de
l'Italie, et dans beaucoup de villes de la Grèce. Et pour
preuve n’avons-nous pas L.Mummius qui, après avoir fait
abattre un théâtre à Corinthe, en transporta à Rome les
vases d'airain, qu'il choisit parmi les dépouilles pour les
consacrer dans le temple de la Lune. N'avons-nous pas
encore plusieurs habiles architectes qui, ayant à construire -
des théâtres dans de petites villes qui n'avaient
que peu de ressources, ont employé des vases de terre
choisis pour reproduire les sons nécessaires, les ont
disposés d'après notre système, et en ont obtenu les résultats -
les plus avantageux ?
VI. De la forme à donner aux théâtres.
Voici de quelle manière on doit faire le plan d'un théätre. -
Après avoir placé son centre au milieu, il faut decrire -
un cercle dont la circonférence soit la grandeur du
bas du théâtre. Dans ce cercle on inscrit quatre triangles -
équilatéraux dont les extrémités placées à égale
distance, touchent la circonférence : telle est la marche
que, selon le rapport harmonieux des astres, suivent les
astronomes pour la disposition des douze signes celestes.
Celui de ces triangles dont le côté est le plus près de la
scène en détermine la face, à l'endroit où il fait une