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VITRUVE. LIV. V.
arrête, s'échauffe, s'enflamme et finit par brûler, consumer -
et dessécher l'humidité du corps Aussi faut-i
éviter à tout prix une exposition malsaine, et choisir
un lieu dans lequel la santé n'ait point à souffrir.
Les fondements du théâtre, si l'on bâtit sur une montagne, -
seront faciles à faire; mais si l'on était obligé de
les établir dans un lieu plat ou marécageux, il faudrait
pour les rendre fermes et solides, employer les moyens
que j'ai prescrits dans le troisième livre, à l'occasion des
fondements des édifices sacrés. Immédiatement au-dessus
des fondements doivent s'élever les gradins qui seront de
pierre ou de marbre.
Les paliers qui règnent autour de l'amphithéâtre doivent -
être faits d'après la proportion ordinaire des théatres, -
et ils ne doivent point avoir plus de hauteur que
ne le demandé leur largeur; s'ils étaient trop élevés, la
partie qui dépasserait la hauteur voulue, repousserait la
voix, l'empêcherait d'arriver jusqu'aux siéges qui se trouvent -
au-dessus des paliers, les mots ne seraient plus
qu'un son vague que ne pourrait saisir l'oreille de ceux
qui occuperaient ces siéges. Telle doit être, en un mot
la disposition des degrés, qu'un cordeau conduit depuis
le plus bas jusqu'au plus haut en touche toutes les carnes;
par ce moyen la voix pourra facilement s'étendre.
De nombreux et vastes passages devront être disposés -
de manière que ceux d'en haut ne se rencontrent
pas avec ceux d'en bas; que partout ils soient directs
sans interruption, sans détours, afin que le peuple, en
sortant des spectacles, ne soit point trop pressé, et puisse
de tous côtés trouver des issues séparées qui facilitent
sa sortie. Il faudra encore prendre bien garde à ce que
le lieu soit sonore, afin que la voix puisse clairement
sy faire entendre ; ce qui aura lieu, si l'on choisit un
endroit où rien n'empêche la résonnance.
La voix est un courant d'air dont les ondes sohores