VITRUVE. LIV. I.
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tecte, pour connaître les climats, que les Grecs appellent -
ra, la qualité de l'air des localités qui sont
saines ou pestilentielles, et la propriété des eaux. Sans
ces considérations, il ne serait possible de rendre salubre -
aucune habitation. Il doit aussi savoir quelles lois
règlent, dans les bâtiments, la construction des murs
communs, pour la disposition des larmiers, des égouts
et des jours, pour l’écoulement des eaux et autres
choses de ce genre, afin de prévenir, avant de commencer -
un édifice, les procès qui pourraient survenir aux
propriétaires après l'achèvement de l'ouvrage, et d'être
en état, par son expérience, de mettre à couvert, dans
la passation d'un bail, et les intérêts du locataire, et ceux
du propriétaire : car si les conditions y sont posées conformément -
à la loi, ils n'auront à craindre aucune chicane -
de la part l'un de l'autre. L’astronomie lui fera connaître -
l'orient, l'occident, le midi, le nord, l'état du
ciel, les équinoxes, les solstices, le cours des astres : à
défaut de ces connaissances, il sera incapable de confectionner -
un cadran.
Puisque l'architecture doit être ornée et enrichie de
connaissances si nombreuses et si variées, je ne pense
pas qu'un homme puisse raisonnablement se donner tout
d'abord pour architecte. Cette qualité n’est acquise qu’à
celui qui, étant monté dès son enfance par tous les degrés
des sciences, et s’étant nourri abondamment de l’étude
des belles-lettres et des arts, arrive enfin à la suprême
perfection de l’architecture.
Peut-être les ignorants regarderont-ils comme une
merveille que l’esprit humain puisse parfaitement apprendre -
et retenir un si grand nombre de sciences; mais
lorsqu’ils auront remarqué la liaison, l’enchaînement
qu’elles ont les unes avec les autres, ils auront moins
de peine à croire à la possibilité de la chose : car l'encyclopédie -
se compose de toutes ces parties, comme un