VITRUVE. LIV. I.
35
comment remédier aux désordres qu'il occasionne,
dans la philosophie l'on n’a pas puisé la connaissance
des lois de la nature? Qui voudrait lire les ouvrages de
Ctesibius, d'Archimède et des autres auteurs qui ont
traité de cette matière, ne pourrait les comprendre, sans
y avoir été préparé par la philosophie.
Pour la musique, elle est indispensable, afin que l'on
saisisse bien la proportion canonique et mathématique
et que l’on tende convenablement les balistes, les catapultes, -
les scorpions. Ces machines, en effet, ont des
chapiteaux qui présentent à droite et à gauche les deux
trous des hemitonium () à travers lesquels on tend.
à l'aide de vindas ou vireveaux et de leviers, des cables -
faits de cordes à boyau, qui ne sont fixés, arrêtés
que lorsque celui qui gouverne la machine a reconnu
que les sons qu’ils rendaient étaient parfaitement identiques. -
Les bras, en effet, que l'on courbe à l’aide de ces
tensions, après avoir été bandés, doivent frapper l'un
et l'autre de la même manière et avec la même force;
s'ils n’ont point été également tendus, il deviendra impossible -
de lancer directement le projectile.
La musique est encore nécessaire pour les théâtres où
des vases d'airain, que les Grecs appellent xsia (, sont
placés dans des cellules pratiquéés sous les degrés. Les
différents sons qu’ils rendent, réglés d’après les proportions -
mathématiques, selon les lois de la symphonie ou
accord musical, répondent, dans leur division exacte, à
la quarte, à la quinte et à l’octave, afin que la voix de
l'acteur, concordant avec la disposition de ces vases, et graduellement -
augmentée en venant les frapper, arrive plus
claire et plus douce à l’oreille du spectateur. Quant aux
machines hydrauliques et autres semblables, il serait impossible -
de les construire sans la connaissance de la musique.
L'étude de la médecine importe également à l'archi¬(1) -
Demi-tension.— (2) Tons.