VITRUVE. LIV. I.
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plus de facilité et de netteté le plan de l'ouvrage qu'il
veut faire. La géométrie offre plusieurs ressources à l'architecte -
: elle le familiarise avec la règle et le compas.
qui lui servent surtout à déterminer l'emplacement des
édifices, et les alignements à l'équerre, au niveau et au
cordeau. Au moyen de l'optique, les édifices reçoivent
des jours à propos, selon les dispositions du ciel. A l'aide
de l'arithmétique, on fait le total des dépenses, on simplifie -
le calcul des mesures, on règle les proportions qu'il
est difficile de trouver par les procédés que fournit la
géométrie.
Il faut qu'il soit versé dans l'histoire : souvent les architectes -
emploient dans leurs ouvrages une foule d'ornements -
dont ils doivent savoir rendre compte à ceux
qui les interrogent sur leur origine. Ainsi, qu'au lieu de
colonnes, on pose des statues de marbre, représentant
des femmes vêtues de robes traînantes, qu'on appelle
cariatides, et qu'au-dessus on place des modillons et des
corniches, voici l'explication qu'il pourra donner de cet
arrangement. Carie, ville du Péloponnèse, se ligua autrefois -
avec les Perses pour faire la guerre à la Grèce,
Les Grecs, ayant glorieusement mis fin à cette guerre par
la victoire, voulurent marcher immédiâtement contre
les Cariates. La ville fut prise, les hommes passés au fil
de l'épée, la cité détruite, les femmes traînées en servitude. -
Il ne leur fut point permis de quitter leurs longues
robes ni les ornements de leur condition, afin qu'elles
n'en fussent point quittes pour avoir servi au moment
du triomphe, mais que, portant à jamais le sceau infamant -
de la servitude, elles parussent souffrir la peine
qu'avait méritée leur ville. Aussi les architectes du temps
imaginèrent-ils de les représenter dans les édifices publics, -
placées sous le poids d'un fardeau, pour apprendre
à la postérité de quelle punition avait été frappée la
faute des Cariates.