Full text : Tome premier (1)

NOTES  DU  LIVRE  III.
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151.—  Crassitudines  striarum  faciendœ  sunt,  quantum  adjectio
in  media  columna.  Si  l'on  admet  la  distinction  de  strix  et  de  stria,
strix  sera  la  cavité  du  demi  canal,  stria  l'éminence  carrée  qui  est
à  chaque  côté  de  la  cavité.  Stria  vient  de  stringere,  qui  signifie
resserrer,  parce  qu'il  semble  qu'il  soit  comme  un  pli  qui  fait  élever -
  une  étoffe  à  l'endroit  où  elle  est  serrée,  dit  Perrault  ;  et,  en
effet,  on  dit  que  l’origine  de  cette  invention  a  été  prise  sur  les
plis  des  vêtements  des  femmes.
Cette  largeur  de  l'entre-deux  des  cannelures,  qui  doit  être  pareille -
  au  renflement  (entasi)  fait  au  milieu  de  la  colonne,  prouve
bien  que  le  renflement  des  colonnes  était  d'un  usage  bien  établi
du  temps  de  Vitruve.
152.—  Capita  leonina.  Il  reste  quelques  modèles  antiques  de
ces  têtes  de  lion  qui  semblent  n’avoir  été  faites  que  pour  servir
d'ornement  :  c'est  au  temple  de  la  Fortune  Virile,  à  la  Maison
carrée  de  Nîmes,  au  temple  de  Minerve,  à  Athènes,  dans  les
ruines  de  Palmyre  et  de  Balbeck  (Héliopolis).  Vitruve  dit  que  ces
têtes  de  lion  doivent  être  sur  les  côtés,  parce  qu'elles  sont  destinées -
  à  l'écoulement  des  eaux  de  pluie  qui  tombent  sur  les  toits;
partant  il  ne  doit  point  y  en  avoir  au  frontispice,  d’après  le  principe -
  établi  au  ch.  2  du  livre  1er,  où  l'auteur  parle  de  la  bienséance
qui  veut  que  tous  les  ornements  qui  se  trouvent  dans  un  édifice
représentent  quelques  parties  nécessaires.
153.  —  Mediis  tegulis.  Perrault  ne  veut  point  que  le  mot
tegulœ  signifie  tuile,  et  l'interprète  par  pierre  plate,  lame  de  métal, -
  etc.  Galiani  prétend  qu’il  faut  lire  mediis  canalibus.  Mais  les
mots  mediis  tegulis  n’ont  rien  d’absurde  aux  yeux  de  Newton,  qui
affirme  que  les  anciens  se  servaient  de  tuiles  assez  grandes  pour
couvrir  l'espace  compris  entre  les  têtes  de  lion  ;  qu'on  en  construit
encore  de  semblables  aujourd'hui  dans  une  partie  de  l'Italie,  et
que  la  tour  des  Vents,  à  Athènes,  fournit  un  exemple  de  tuiles
qui  ont  deux  pieds  onze  pouces  de  largeur,  et  la  distance  d'une
tête  de  lion  à  une  autre  n’est  que  de  trois  pieds  huit  pouces.  Supposons -
  deux  têtes  de  lion  placées  dans  des  entre-colonnements  de
six,  de  sept,  de  huit  pieds  de  largeur  pour  les  temples  pycnostyles
ou  systyles  :  des  tuiles  moins  grandes  même  que  celles  dont  nous
venons  de  parler,  pourront  parfaitement  remplir  les  conditions
exigées  par  Vitruve.
            
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