Full text : Tome premier (1)

NOTES  DU  LIVRE  III.
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liers  nous  paraissent  incommodes,  les  nôtres  probablement  ne
l'auraient  pas  paru  moins  aux  anciens  :  c'était  sans  doute  une  affaire -
  d'habitude,  comme  le  pense  Galiani.  C'est  ce  à  quoi  n'a  pas
réfléchi  Perrault,  qui,  pour  faire  correspondre  les  paroles  du
texte  avec  nos  usages,  a  compris  que  les  mots  retractationes  graduum -
  signifiaient  les  paliers  de  repos  qu'on  fait  de  distance  en
distance  dans  un  long  escalier,  et  non  la  largeur  de  chaque  degré
appelée  giron.  Son  erreur  se  prouve  d'abord  par  la  signification
naturelle  du  mot  retractatio  ;  en  second  lieu  ,  est-il  probable  qué
dans  un  escalier  de  quelques  degrés,  comme  sont  ceux  des  temples, -
  on  allât  pratiquer  des  paliers  de  repos,  chose  qu'on  fait  seulement -
  dans  les  grands  escaliers,  de  sept  en  sept  marches,  ou  de
neuf  en  neuf?  En  troisième  lieu,  il  est  tout  naturel  de  croire  qu’immédiatement -
  après  avoir  parlé  de  la  hauteur  des  degrés,  Vitruve
en  indique  la  largeur.  Il  est  vrai  cependant  que  Vitruve,  dans  le
ch.  2  du  liv.  Ix,  établit  pour  règle  que  la  largeur  des  degrés  doit
être  égale  à  leur  hauteur  plus  un  tiers  de  cette  même  hauteur,  c'està-dire -
  que  s’ils  ont  neuf  pouces  de  haut,  il  faut  qu’ils  aient  douze
pouces  de  large,  partant  beaucoup  moins  que  ceux  dont  il  vient
de  parler  pour  les  temples.  Mais  dans  ce  deuxième  chapitre  il  est
question  des  escaliers  de  maisons  particulières,  dans  lesquelles  on
ne  cherche  que  ce  qui  est  commode;  au  lieu  que  pour  les  temples,
outre  la  commodité,  on  recherche  la  majesté  et  la  grandeur.  Les
marches  des  temples  de  Pestum  et  d'Agrigente  sont  d'une  hauleur
extraordinaire  et,  par  conséquent,  très-difficiles  à  monter;  mais
c’est  qu’ils  servaient  en  même  temps  de  gradins  au  peuple  poui
s'y  asseoir,  comme  nous  l’apprenons  de  Pausanias  et  de  Cicéron
84.—  Ut  neque  crassiores  dextante  neque  tenuiores  dodrante
On  peut  supposer,  dit  de  Bioul,  d'après  l'autorité  de  Columelle
et  de  Budée,  que  dextans  et  dodrans  étaient  des  parties  du  pied,
et  non  du  palme  ;  et,  comme  le  pied  se  divisait  en  seize  pouces,  que
Vitruve  entend  par  dodrans  les  trois  quarts  de  seize,  c'est-à-dire
douze  pouces,  et  non  huit  ;  et  par  dextans  les  quatre  cinquièmes
de  seize,  c'est-à-dire  douze  pouces  et  quatre  cinquièmes,  et  non  dix.
D'après  cette  explication,  la  hauteur  des  marches  n'est  plus  disproportionnée -
  avec  leur  largeur  :  il  n’y  aurait  rien  d’étonnant
qu'il  fixât  leur  hauteur  à  douze  pouces  ou  à  douze  pouces  et  quatre
cinquièmes  d'un  pied  divisé  en  seize  parties.
85.  —  Ex  tribus  lateribus  podium  faciendum  erit.  Il  se  trouvait -
  des  temples  qui  n'avaient  de  balustrades  que  des  deux  côtes,
lorsqu'ils  avaient  des  portes  par  devant  et  par  derrière,  ayant
Vitruve.  I.
            
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